Métamorphose du rêve

La suite de mes notes…

18 juin, matin

P. 304, cette phrase : Dintre visele din anul urmator am selectat câteva care mi s-au parut (dar ce drept am eu sa selectez?) mai ciudate si mai tipice pentru lumea ce se adânceste, ca un sigiliu, în somnul meu:

Je la comprends d’abord ainsi : J’ai sélectionné quelques-uns des rêves de l’année suivante (mais quel droit ai-je de sélectionner ?) qui me semblent plus étranges et plus typiques pour qui se plonge, comme un sceau, dans mon sommeil  :

Mais j’ai immédiatement un doute: « lumea » c’est le monde, cela pourrait être les gens, les lecteurs, que l’auteur comparerait à un seau plongé dans le sommeil comme dans la cire… Mais cela ne semble pas très logique.

Si je suis très littérale, cela donne plutôt : J’ai sélectionné quelques-uns des rêves de l’année suivante (mais quel droit ai-je de sélectionner ?) qui me semblent plus étranges et plus typiques pour le monde qui plonge, comme un sceau, dans mon sommeil:

Mais cela voudrait dire quoi, dans ce cas? Le « pentru » est ambigu. Je surligne pour y revenir.

19 juin – 6h30

J’ai trouvé. Dans mon esprit français, la connexion s’était faite à mon insu, entre le « j’ai sélectionné » du début et le «pour » (pentru), téléguidant pour ainsi dire ma pensée… m’obligeant à croire que ce qui se trouve après « pour » est automatiquement le destinataire de ce qui est « sélectionné »…

Je crois que c’est Irina Mavrodin qui disait que le français vous met sur des rails, dans le sens où les premiers éléments d’une phrase pouvaient permettre de déduire les éléments situés plus loin sur le trajet de la pensée. C’est ce qui s’est passé ici et cela m’a empêché de comprendre sur l’instant cette phrase pourtant pas très compliquée. La lumière s’est faite dans la nuit, et ce matin, c’est clair : le « pentru » n’est pas un « pour » mais un « du ». Et « tipice« , plutôt que le littéral «typique » est davantage un « représentatif de… ».  

La bonne solution est donc : J’ai sélectionné quelques-uns des rêves de l’année suivante (mais quel droit ai-je de sélectionner ?) qui me semblent plus étranges et plus représentatifs de l’univers qui s’imprime, comme un sceau, dans mon sommeil…

Non aux rails et aux automatismes, oui au raisonnement rhizomatique…

20 juin

Hier, à peine 2000 signes faits en vitesse pour cause de tracasseries administratives qui m’ont bouffé la journée… C’est ça aussi, les auteurs : le travail qu’on ne peut pas faire, il n’est pas payé, il s’ajoute à la masse de travail à faire de toute façon.

27 juin

Je termine cette journée sur 10736 signes. Et je fais un petit tour dans les différentes manières dont j’ai traduit le mot jeleu suivant son emploi, car chez M. C.  c’est souvent la lumière qui est de jeleu, mais parfois aussi un saphir ou une cloche d’air. Je note en passant: lumière de bonbon, cloche gélifiée, le saphir mou comme un bonbon gélifié… Anodin petit mot sur lequel je m’arrête systématiquement… Grande diversité des sensations suggérées. Je devrais peut-être faire la recherche systématique et tenter de voir si je peux analyser mes propres choix. Mais c’est quand même difficile… Et est-ce que cela sert à quelque chose, ces micro-analyses de ma pensée en train de traduire?

Rendez-vous demain, même heure

 

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