Résidences d’écriture en 2026

Je l’avais déjà annoncé sur Instagram, mais  j’ai envie, à vous lecteurs de mes carnets de traduction, de vous parler pour une fois de mes projets d’écriture personnelle. 

A partir du 10 août, je serai en résidence d’écriture à la Maison Pont, à Illiers-Combray. Comment? En tant qu’autrice associée de la région Centre – Val de Loire, un dispositif  soutenu par le CNL, la DRAC et la région Centre – Val de Loire, coordonnée par Ciclic ( le service public culturel né de la coopération entre la Région Centre-Val de Loire et l’État, qui propose une grande diversité d’actions en faveur de la création et de la diffusion du livre et l’image).

Je vais consacrer cette résidence de quatre mois à la finalisation de mon premier roman. 

Avec Marie Fourtané, la fondatrice de ce nouveau lieu culturel au creux du Perche eurélien, nous avons aussi concocté tout un programme de rencontres avec le public: il sera bientôt communiqué dans le détail. 

Ce sera l’occasion de nous retrouver. J’ai notamment eu l’idée de « Consultations littéraires » qui se tiendront sous le tilleul centenaire de la cour ou sous le porche monumental. Je vois cette intervention comme un hommage au médecin dont cette maison a été le cabinet et le lieu de vie pendant des dizaines d’années… et qui était le père de Marie Fourtané. Quel honneur d’inaugurer les résidences littéraire dans ce lieu marqué par une histoire pleine de générosité et d’ouverture à l’Autre!

La Maison Pont est un lieu dédié à l’art contemporain sous toutes ses formes. Récemment, lors du 2e week-end portes ouvertes (Événement labellisé @nouvellesrenaissances 2026), le public a admiré une performance dansée de toute beauté par Clara Chastagnac sur une création sonore de Yoga Death, dans une déambulation allant des rives du Loir qui borde la Maison aux différents espaces de la cour intérieure.

On a pu aussi écouter une fameuse lecture des mémoires de Saint Simon par Véronique Aubouy et le public s’est arrêté sous les arbres pour écouter des poèmes enregistrés du poète et artiste belge Marcel Broodthaers.

«La Cité des oiseaux » d’Olivier Thuault, une installation originale associant béton, bois et archive vidéo a aussi attiré les regards et suscité beaucoup de questions. Le commissaire de cette exposition collective en est Thomas Rodriguez, qui, avec Marie Fourtané porte ce nouveau lieu culturel ouvert sur le bourg d’Illiers-Combray. La résidence d’écriture s’inscrit dans cette continuité. A suivre sur le compte instagram @maisonpont_illierscombray

Cette résidence à venir fait suite à une merveilleuse autre résidence dont j’ai eu l’extrême chance d’être une des 67 auteurs et autrices accueillis en 2026 sur les plus de 4000 dossiers de candidature qui ont été reçus l’an dernier.

La Fondation Michalski m’a accueillie en Suisse, près de Lausanne, du 13 février au 4 mars. J’ai pu me concentrer, dans le calme absolu de l’espace qui m’a été alloué (la très très belle cabane du studio d’architecture MK27, São Paulo), sur un projet photographique de grande envergure nommé « Déclic » dont je parlerai bientôt. Et j’ai aussi avancé dans la rédaction du livre que j’espère maintenant finaliser à Illiers-Combray à la fin de l’année.

L’intérieur de la fabuleuse bibliothèque où j’ai trouvé des trésors.

 

 

La belle histoire du nouveau livre de Mihail Sebastian… sur Marcel Proust

Cela faisait un certain temps. Plusieurs traductions en route, finies, mais aucun parue.  Enfin, ma traduction de Corespondența lui Marcel Proust de Mihail Sebastian sort chez Non Lieu le 10 octobre:

La Correspondance de Marcel Proust

de Mihail Sebastian
avec une préface de Laure Hinckel

C’est une jolie histoire éditoriale. Je raconte cela dans la préface que j’ai rédigée pour cet essai.

La 4e de couverture est, je trouve, très bien faite :

Mihail Sebastian, l’écrivain roumain rendu célèbre par son Journal, était un grand admirateur de l’œuvre de Marcel Proust . À Bucarest, en 1938, soit seize ans après la mort de l’auteur français, il publiait la toute première étude de sa correspondance, dont on connaissait alors 1200 lettres. Ce texte redécouvert au moment du centenaire de Proust s’avère un guide utile pour pénétrer dans la Recherche du Temps perdu. Sebastian traverse l’immense corpus épistolaire avec une grande finesse. Sa compréhension intime de la Recherche l’autorise à établir des liens entre les lettres et l’œuvre qui éclairent la biographie de l’écrivain, notamment les relations avec sa mère, et qui permettent de saisir la construction de l’œuvre ainsi que les scrupules stylistiques et moraux que Marcel Proust évoquait dans sa correspondance. Sa grande intelligence des textes le conduit à avancer des analyses qui conservent toute leur pertinence et leur actualité. L’étude, devenue introuvable, n’a jamais été rééditée en roumain, ni traduite en français. L’ouvrage que nous proposons, tenant compte des travaux les plus récents, offre aux lecteurs les références de Sebastian aux textes de Proust converties dans les dernières éditions complètes de ses œuvres (Kolb, Tadié).

Cette publication prend un relief particulier non seulement parce que je reste une lectrice éblouie par le Journal de Mihail Sebastian* mais aussi parce que la vie m’attache aussi à l’Eure-et-Loir, à Chartres, à Illiers-Combray, où j’ai pu étudier, dans la célèbre maison de Tante Léonie, des documents de l’époque.

Enfin, par dessus tout, ce qui rend cette traduction précieuse à mes yeux est que cet essai sort de l’ombre pour rendre justice à son auteur, absent des bibliographies proustiennes à cause des remous de l’histoire.

 

*Le Journal (1935-1944) a été traduit par Alain Paruit, Stock, Paris, 2007.

Accueil critique à la rentrée littéraire 2023

Cliquer sur les images pour lire les articles en entier (nouvel onglet).

Une magnifique étude du spécialiste de Proust Nicolas Ragonneau sur proustonomics.com :

Cristina Hermeziu sur Zoom France Roumanie insiste sur l’importance de cette œuvre de la littérature européenne : 

Magnifique recension de Yaël Pachet pour la revue En attendant Nadeau :

Marc Escola sur Fabula.org:

Pierre Glachant pour le Courrier des Balkans : « L’un des grands plaisirs de cette Correspondance de Marcel Proust observée par Mihail Sebastian est de voir un écrivain juger un autre écrivain, sur son métier, les questions de style, de composition des personnages. Tout cela est vu de l’intérieur et Mihail Sebastian se délecte de repérer les passages les plus révélateurs dans la correspondance de l’auteur de la Recherche.. »