Que font deux traductrices quand elles se rencontrent?
Elles parlent de traduction!
Un autre extrait ici, mis en ligne par les éditions Denoël.
Et voici l’article publié vendredi 5 février dans l’Echo Républicain :
Que font deux traductrices quand elles se rencontrent?
Elles parlent de traduction!
Un autre extrait ici, mis en ligne par les éditions Denoël.
Et voici l’article publié vendredi 5 février dans l’Echo Républicain :
Berlin, ça a été aussi ça : La porte d’Ishtar et la voie processionnelle de Babylone.
Tout autour, un musée d’une incroyable richesse. Impossible de tout voir en une journée, alors on a passé un temps fou à se délecter des moindres détails de quelques oeuvres ciblées à l’avance :l’autel de Pergame, la façade du marché de Milet et Babylone au rez-de chaussée.
Puis une visite d’une intensité inédite à l’étage des arts islamiques: la « chambre d’Alep ». Je regrette de ne pas avoir de photo de cet exemplaire extrêment rare d’une pièce de réception entièrement couverte de boiseries mêlant graphisme stylisé oriental, psaumes, formules de bénédiction et d’action de grâce, représentations colorées de scènes de la vie quotidienne… Tout cela appartenait à un négociant chrétien dans l’Alep du 17ème siècle commençant…
Berlin, ça a été aussi ça, dans la même journée : un Lunchkonzert dans le hall de la Philarmonie : un espace (et quel espace!) plein à craquer d’un public conquis et respectueux. Au programme, Schubert et Chopin…

La lecture des textes de Benjamin Fondane est une expérience que tout lecteur doit faire un jour ou l’autre. J’en dis plus ICI dans une de mes pages. Aujourd’hui paraît une partie importante de l’oeuvre en forme d’étoile filante de ce poète roumain qui avait choisi la France ou il fut à deux doigts d’éviter la mort par gazage à Birkenau. Lire, pour comprendre l’allusion que je fais, la très jolie biographie d’Olivier Salazar Ferrer aux éditions Oxus.
La traduction de ce très beau texte est signée Odile Serre, l’excellente traductrice de roumain qui a, entre autres, également donné au français le roman de Gheorghe Craciun Composition aux parallèles inégales publié par Maurice Nadeau et récompensé par le prix Pierre-François Caillé de la Société des traducteurs français.
Présentation de l’éditeur : « Ce recueil rassemble des poèmes écrits en roumain par le jeune Fondane entre 1917 et 1923, manifestement inspirés par sa lecture de la Bible et des Psaumes et qui illustrent bien son idéal de jeunesse de donner une » justification esthétique de l’Univers « . Cet ensemble est suivi d’un long poème dramatique, également demeuré inédit en français : Le reniement de Pierre. »
Quelques phrases du mythique Holden Caufield en hommage à son auteur. Salinger est mort. C’est dingue.
*L’attrape-coeurs, J.D. Salinger, traduit de l’américain par Annie Saumont, éd. Robert Laffont. Titre original : The catcher in the rye.
Les points d’orgue des quelques jours passés à Berlin ?
D’abord le séminaire de Mircea Cărtărescu. Chaque mardi soir pendant un semestre, le professeur Mircea Cărtărescu a évoqué la littérature postmoderne devant les étudiants de l’Institut de Littérature comparée Peter Szöndi de la Freie Universität. Un cours en anglais.

J’ai assisté à celui consacré au roman de John Hawkes, Travesty. Le hasard fait incroyablement bien les choses : Travesti est aussi le titre d’un roman de l’auteur roumain, traduit en français sous le titre Lulu, aux éditions Austral, avant de quitter ce travestissement pour retrouver en 2007 son titre original en couverture de la bande dessinée de l’artiste Baudouin…
Une image à retenir de cette fin de journée ? Le campus est immense, le froid mordant, nous avançons en flottant sur d’épaisses couches de neige oblitérant le moindre bruit. Le bâtiment consacré aux langues romanes surgit au coin d’une rue bordée de villas. On voit de loin, à travers les parois de verre d’une grande salle vivement éclairée, les étudiants de dos et le professeur évoluant devant eux, un livre à la main. Quand nous arrivons, il est question de définir les niveaux d’interprétation de l’œuvre étudiée… Au tableau, les noms de Tsvetan Todorov, Lafcadio, Beckett et Ionesco se posent en flocons de craie.
Je ne reprends pas ici le contenu du cours passionnant entendu ce soir-là dans la salle au sol rouge de l’université berlinoise… Je veux juste dire que j’ai furieusement envie de lire ce roman, à présent. Et même en anglais, puisqu’il n’est pas traduit en français, me semble-t-il.
Ce que je regrette? Ne pas avoir croisé Zum-cititor… qui était dans la salle pour ce séminaire!