Dans les allées du Bookfest Bucarest

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Quelques photos qui se passent de commentaire. De beaux stands, des tas de beaux livres et de romans intrigants. Des vedettes du monde littéraire et des débutants. Le public au rendez-vous.

Pour la petite histoire, il faisait très bon dans les allées du salon, alors qu’à l’extérieur les températures frôlaient les 40 dégrés. L’expresso était excellent dans tous les points de rendez-vous. On trouvait à déguster des mici à l’extérieur. Et les fumeurs passionnés se retrouvaient en petits groupes volubiles sous les parasols.

l y avait beaucoup de bonnes affaires à réaliser. J’ai trouvé un dictionnaire d’argot et j’ai enfin sur mon bureau L’Histoire de la littérature roumaine des origines à présent par Calinescu. Certes, cela a été publié en 1941.  L’édition est un facsimilé de l’édition originale. Chouette.

J’ai aussi trouvé des ouvrages exotiques sur le stand du Musée du Paysan roumain (un incontournable des visites bucarestoises). Comptez tout un paquet de nouveautés et quelques ouvrages pour enrichir mon fonds… Je craignais de dépasser les 20 kilos de bagages!

 

Les 20 ans d’Humanitas

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Le 20ème anniversaire des éditions Humanitas est un événement dignement fêté au Salon du livre de Bucarest, le Bookfest… avec la publication de 20 livres et de nombreux lancements en quelques jours. Samedi 12, c’était la cohue. Signatures, présentations de livres, rien que du beau monde. Iimpossible de faire deux pas sans rencontrer une connaissance, un ou une amie, un auteur que j’ai traduit ou que je souhaite traduire.

Pour l’occasion, les éditions Humanitas ont publié ou réimprimé 20 livres. La liste est très intéresssante :

Aniţa Nandriş-Cudla
20 de ani în Siberia (20 ans en Sibérie)

Récit de vie, témoignage. Pour ne pas oublier. Non traduit.

Horia-Roman Patapievici
Zbor în bătaia săgeţii (Vol à l’encontre de la flèche)

Roman initiatique, que j’ai traduit et que j’espère publier un jour.

 

Mircea Cărtărescu
Travesti : publié en français sous le titre Lulu aux éditions Austral. Réinterprété sous forme de roman dessiné par l’artiste Baudouin (éditions l’Association).

Ana Blandiana
Spaima de literatură – La terreur de la littérature.

Recueil d’articles et d’entretiens par une des grandes dames de la littérature roumaine.
Gabriel Liiceanu
Despre limită – De la limite.

Il se trouve que je suis en train de traduire des extraits de ses trois autres « monographies » philosophiques : De la séduction (génial), De la haine et Du mensonge.

Andrei Pleşu
Despre îngeri –
Actualité des anges, tel est le titre que j’ai choisi avec mon éditeur chez Buchet-Chastel pour ce très beau livre dont le sujet est l’Intervalle comme notion philosophique et spirituelle.

Neagu Djuvara
O scurtă istorie a românilor povestită celor tineri – Courte histoire des Roumains racontée à mes petits enfants.
Pas encore traduit.
Mircea Eliade
Jurnalul portughez -Le Journal portugais.

Lucian Boia
Istorie şi mit în conştiinţa românească – Histoire et mythe dans la consicence roumaine.
Non traduit.

Eugène Ionesco
Cântăreaţa cheală. Lecţia. Scaunele. Regele moare – La cantatrice chauve, La leçon, Les Chaises…
Cela fait drôle, de le voir traduit en roumain, la langue de son père…
Ioana Pârvulescu
În intimitatea secolului 19 – Dans l’intimité du 19ème siècle.
Elle est aussi l’auteur d’un très bon roman, avec une héroïne attachante. Entre histoire et intrigue policière. C’est intitulé La vie commence vendredi. Non traduit

Cornel Drăgoi, Elisabeta Rizea
Povestea Elisabetei Rizea din Nucşoara – L’histoire d’Elisabeta Rizea de
Nucşoara : le récit troublant d’une jeune femme qui a aidé la résistance anti-communiste dans les Carpates, tout en espérant qu’un jour l’aide internationale viendrait les sauver. Non traduit.

Alexandru Dragomir
Crase banalităţi metafizice -Crasses banalités métaphysiques.
Parions que ce n’est pas le cas. Non traduit.

Constantin Noica
Rugaţi-vă pentru fratele Alexandru – Priez pour le frère Alexandru.
Non traduit.

Petru Creţia
Oglinzile -Les Miroirs.
Non traduit.

Monica Lovinescu
Diagonale -Diagonales.
La suite de ses fabuleuses mémoires. Non traduit.

Virgil Ierunca
Fenomenul Piteşti -Le phénomène Pitesti.
Traduit du roumain par Alain Paruit avec une préface de François Furet  et publié en 1996 chez Michalon. Livre capital sur l’experience concentrationnaire et la torture dans cette prison de Pitesti d’où tant d’hommes et de femmes ne sont pas revenus.

Emil Cioran
Îndreptar pătimaş – Ce
Bréviaire des vaincus, traduit par Alain Paruit a été le premier livre écrit en roumain par Cioran, à Paris, entre 1941 et 1944.

André Scrima
Timpul rugului aprins – Le Temps du buisson ardent.
Non traduit.

 

On est bien, à Bucarest!

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Samedi et dimanche soir durant tout l’été, concert classique, airs d’opéra sur la magnifique placette recemment aménagée en plein coeur de Bucarest : la place Coltea, du nom de l’hôpital (une perle du patrimoine bucarestois) en rénovation non loin de là.

Un espace naturellement dédié à la musique: l’installation de cet instrument monumental et allégorique attire le regard. L’aspect rectiligne et vivant des jeux d’eau offre un beau contrepoint visuel. A l’arrière, des magnolias en forme de fuseau dispensent fraicheur et parfum. Une véritable réussite. D’autant plus qu’on n’est pas du tout gêné par la circulation de la place de l’Université, juste en face des chanteurs et des musiciens.

Il y avait affluence hier soir, 12 juin pour écouter musique et jolies voix. Toutes générations confondues.

A deux pas de là, vers 20 heures, le parvis du théâtre national était noir de monde après un spectacle intitulé « La tragédie de Carmen ».

 

Passionnantes Palabres

Passionnantes Palabres centre-européennes, hier soir (jeudi 3 juin) à l’Institut culturel roumain.

Pour la dernière édition de la saison, Alexandre Prostojevic, maître de conférences à l’INALCO et à l’EHESS a présenté les Varia, de l’écrivain et penseur Danilo Kiš.

Le problème de ces Varia? Le reste de l’oeuvre est aujourd’hui indisponible! Alexandre Prostojevic a souligné l’importance et la beauté de ces textes courts, notamment quand Danilo Kiš est le penseur, l’érudit, le grand lecteur. Jean-Pierre Salgas, le griot de ces Palabres a fait chorus : les courts textes de fiction ne sont pas à la hauteur du reste. kis.JPG

Cela rend encore plus triste le fait que sa très belle trilogie Le Cirque de famille ne soit pas encore réédité. Pour apprécier les Varia d’un grand homme, il est préférable d’avoir lu son oeuvre, non?

(Varia, traduit du serbo-croate par Pascale Delpech, préface de Jean-Pierre Morel, Paris, Fayard, 2010.)

(L’image ci-contre provient d’un site consacré à cet écrivain yougoslave. Ce n’est pas en français, mais on y trouve des documents, des photos….Cliquez sur l’image pour y accéder.

Copyright © 1999-2010 Mirjana Miočinović, Predrag Janičić, Aleksandar Lazić. Sva prava zadržana)

L’écrivain autrichien Thomas Bernhard a été présenté par  la journaliste et  productrice Christine Lecerf, spécialiste de littérature autrichienne. De Mes prix littéraires, traduit de l’allemand par Daniel Mirsky, la critique estime que  le titre recèle un « contresens » . Meine Preise  en allemand, ce serait plutôt « ce que je coûte », « ce que je vaux ».

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Certes, « l’écrivain évoque les prix littéraires reçus mais » souligne Christine Clerc, le sens de l’ouvrage, c’est bien « prend l’oseille et tire-toi » : Bernhard, tout en aimant l’argent (il était né pauvre et a été toute sa vie très malade) attribué par les jurys des prix littéraires, narre avec sarcasme les cérémonies au cours desquelles l’ignorance le dispute à la muflerie.

Andrzej Stasiuk, avec Mon Allemagne, traduit du polonais par Charles Zaremba (Paris, Bourgois, 2010) souffre lui aussi (décidémment, c’était le jour!) d’un problème de titre. Selon Maougocha Smorag, le titre aurait dû laisser paraître ce qui à son sens est au coeur de l’oeuvre de Stasiuk : les questions et les problèmes d’adaptation des étrangers en Allemagne. L’écrivain polonais a forcément une relationparticulière à la nation allemande. Et il raconte très bien, d’ailleurs (avec humour), ses propres efforts pour abandonner clichés et  préjugés hérités de la propagande communiste.
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Il est un grand écrivain de voyage et a beaucoup décrit les réalités de l’Europe de l’Est. Il connaît très bien la Roumanie aussi. Ce que j’ai entendu de lui hier soir me donne très envie de le lire. Je vais notamment essayer de trouver Fado, entièrement consacré, ai-je compris, à la Roumanie. Mais ses analyses sur le reste de l’Europe et sur le sort des écrivains de la périphérie semblent tout aussi passionnantes.

La transition était toute trouvée pour moi, chargée de présenter ma traduction du roman de Mircea Cartarescu, L’Aile tatouée. En suivant ce lien on trouve plusieurs articles consacrés à l’écrivain roumain.portrait-mircea-cartarescu-par-LH.JPG

Comme c’était le jour idéal pour le faire, j’ai commencé par éclairer la question du titre. La trilogie porte, en roumain, le seul titre ORBITOR, soutitré L’aile gauche, Le Corps et L’Aile droite. Quand on sait cela, on perçoit déjà mieux le projet métaphorique de l’écrivain. La trilogie comme trinité, comme hommage à la symétrie parfaite et symbolique du papillon, référence à la nef flanquée de ses transepts, image aussi du trio composé par la mère et ses deux jumeaux. Ce dernier aspect est particulièrement important, puisque l’ensemble du roman peut-être vu comme une quête de la complétude à la fois physique (le narrateur Mircea se sent incomplet, il souffre devant les miroirs lui renvoyant l’image d’un visage assymétrique et il rêve ô combien au frère jumeau dont ses parents ne parlent jamais) et spirituelle (le destin de l’homme sur terre est comparable à celui du papillon à soie : ver grouillant, il doit passer par le cocon de l’introspection et de l’annulation de lui-même pour devenir enfin papillon libre et parfait).

La trilogie est publiée en français chez Denoël sous les titres suivants :

1. Orbitor, traduit par Alain Paruit

2.L’Oeil en feu, traduit par Alain Paruit

3. L’Aile tatouée, traduit par Laure Hinckel

Enfin, c’est une possible très belle découverte dont nous a fait part le traducteur Michel Chasteau.

L’écrivain slovaque Peter Pišt’anek, avec son Rivers of Babylon (en anglais dans l’original), met en scène un rustaud parvenant au poste clé de chauffagiste dans un grand hotel de Bratislava. L’action se passe pendant l’hiver, un des longs hivers de la période communiste. Le chauffagiste joue avec les nerfs des clients de l’hôtel en leur coupant l’eau chaude et le chauffage. Son chantage lui permettra de se faire de nombreux « amis » et surtout, il pourra se remplir les poches.pistanek.JPG

L’ambiance est burlesque et crue, le langage va avec. Michel Chasteau a lu un passage de la fin où l’on voit le directeur de l’hôtel dévaler les escaliers dans un traineau tiré par des batards des rues et coiffé d’une toque en chat persan : maintenant qu’il sait vraiment ce qu’est le froid, il part vivre auprès des esquimos! C’est amusant en diable. Ca me fait beaucoup penser à un roman du roumain Petru Cimpoesu traduit en république tchèque et qui a fait un tabac, remportant même le prix  Magnesia Litera pour son roman Simion l’ascensoriste.

L’Aile tatouée de Cartarescu aux Palabres centre-européennes

L’Institut roumain, en collaboration avec la Maison de la culture yiddish, la Maison Heinrich Heine, le Centre tchèque, les Instituts hongrois, slovaque, polonais et roumain, Les Amis du Roi des Aulnes, sur l’initiative du CIRCE (Centre Interdisciplinaire de Recherches Centre-Européennes) de l’Université de Paris-Sorbonne et l’Association Adice
organisent jeudi une nouvelles séance de leurs

PALABRES CENTRE-EUROPEENNES – PANORAMA DES LIVRES SUR L’EUROPE CENTRALE

Tous les deux mois, auteurs, traducteurs et éditeurs présentent des livres ayant trait à l’Europe centrale (Autriche, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, etc.) récemment parus en français.

La séance sera animée par Jean-Pierre Salgas – critique (L’atelier littéraire France-Culture), professeur à l’Ecole Nationale d’Art de Bourges.

 

Domaine germanique

Thomas Bernhard, Mes prix littéraires, traduit de l’allemand par Daniel Mirsky, Paris, Gallimard, 2010. Présenté par Christine Lecerf, spécialiste de littérature autrichienne, journaliste, productrice à France Culture.

Domaine polonais

Andrzej Stasiuk, Mon Allemagne, traduit du polonais par Charles Zaremba, Paris, Bourgois, 2010. Présenté par Agnieszka Zuk, traductrice de Stasiuk entre autres.

Domaine roumain

Mircea. Cartarescu, L’aile tatouée, traduit du roumain par Laure Hinckel, Paris, Denoël, 2009. Présenté par la traductrice.

Domaine serbo-croate

Danilo Kiš, Varia, traduit du serbo-croate par Pascale Delpech, préface de Jean-Pierre Morel, Paris, Fayard, 2010. Présenté par Alexandre Prostojevic, maître de conférences à l’INALCO et à l’EHESS.

Domaine slovaque

Peter Pišt’anek, Rivers of Babylon, traduit du slovaque par Michel Chasteau, Paris, 2010. Présenté par le traducteur.

Cela se passe… ici :

Institut Roumain
1, rue de l’Exposition, 75007 Paris
tel. 01 47 05 15 31
www.institut-roumain.org/

Entrée libre

19h

A petites questions, grands débats

L’Institut culturel roumain a la gentillesse de m’inviter au salon du livre de Bucarest  (la Bookfest) pour une table ronde baptisée « Recettes littéraires à succès ».

Cet intitulé me force à me poser plusieurs questions auxquelles je ne pourrais directement apporter que des réponses biaisées… puisque je ne suis que la traductrice de quelques romans…

Alors je me suis dit que j’allais collecter des réactions via mon blog, facebook et mon carnet d’adresses et concocter avec ces résultats une mini étude…

Ainsi donc, chers lecteurs assidus ou curieurx de passage :

*Qu’est-ce, selon vous, que le succès littéraire?
*Si vous même écrivez, appliquez-vous des recettes, personnelles ou adaptées de livres de recette? (Je vous livre un extrait de celle-ci, tout juste murmurée à mon oreille par Robert, Grevisse et toute la troupe de copains qui veillent sur les étagères : « cent vingt grammes d’humour, une louche de toupet -autrement appelé talent-, une pincée de documentation, cinq cents grammes de levain grammatical…  » Mais attention, je décline toute responsabilité en cas d’application de cette recette! )

*Quels risques mortels encoure-t-on à tenter d’hypothétiques recettes à succès? Risque-t-on de se faire avaler par son clavier? Ou pire???? (les réponses les plus déjantées ne seront pas écartées).

*Si vous n’êtes pas du genre à tenir la plume, vous êtes certainement un lecteur : alors, selon vous, dans quelles conditions un livre est-il une réussite?
Je vous remercie à l’avance pour les quelques mots sérieux ou rigolards et, je l’espère, toujours souriants, que vous voudrez bien m’adresser avant le 8 juin, ci-dessous en commentaire ou pour ceux qui le peuvent, directement sur mon e-mail. Merci à tous pour votre participation.

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Bruges

De lectures en corrections et de ponts en ponts, mon dernier post date du 21 avril!

L’horreur.

Alors pour me faire pardonner cette absence, voici deux photos. Des détails saisis dans les rues de Bruges…

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On dirait une version stylisée des armoires moldaves, surmontée d’un oeil ou d’un poisson.Je trouve ça très joli.

J’ai bien aimé aussi ça:

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Cela me donne envie de déclamer « pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos selles? »

Mécontente

Oui, pas contente du tout que le Journal de la Mayenne ait publié un de mes textes sous le nom de l’écrivain que j’accompagnais à Laval!

Il semble inconcevable qu’une traductrice signe autre chose… qu’une traduction!

Certes, il ne s’agissait que de rédiger un texte bien senti pour remercier le Festival et les lecteurs de la Mayenne… Mais tout de même! Surtout qu’elle est écrite au féminin, cette carte postale d’après festival… Comment la confusion a-t-elle pu être possible?

Alors voilà, je la publie ici. En précisant bien qu’il ne s’agit pas d’une traduction mais de mon propre texte rédigé au retour du Festival.

« Cher Festival de Laval,
J’ai arpenté les rues de la ville où tu grandis depuis 18 ans. Car te voilà à la majorité!

Et j’étais là, comme on dit.
Tu veux que je te dise? Dans mes nombreuses allées et venues entre la péniche sur la Mayenne, le théâtre, les remparts, la grand’roue, la brasserie avec homards, la gare et le château, j’ai été ravie par trois fois devant trois minuscules coïncidences : la présence d’Alfred Jarry et de son Ubu roi – moi qui travaille sur un pays autrefois rendu ubuesque par son dictateur, je ne pouvais que me réjouir de croiser là le grand Alfred. Ensuite, samedi, en descendant la rue vers la Mayenne et en observant les magnolias sur le point d’éclore, j’ai entendu dans un haut parleur LE tube roumain d’O-Zone, avec son fameux refrain entêtant « dragostea din tei »…

Je me disais déjà que je n’étais vraiment pas là par hasard quand j’ai aperçu, en blanc sur fond rouge, à la devanture d’une boucherie – charcuterie ayant fière allure cette merveille de nom de famille dont on ne peut que se dire qu’il est à SA place ici, dans cette ville de festival littéraire : LECRIVAIN. Fais bien attention qu’on ne te le pique pas, ton LECRIVAIN, car c’est bien connu, bonne chère et bons mots vont ensemble! »

Ana Ruxandra Ilfoveanu

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Voici une artiste qui aime la littérature. C’est même sa grande source d’inspiration. En 1995, une grande exposition lui est consacrée à Bucarest: elle expose tout une série d’oeuvres inspirées de la lecture du Livre du bonheur de Nina Berberova.

Plus récemment, c’est l’oeuvre tragique d’un auteur tragiquement disparue qui l’a inspirée.

Vous avez entendu parler d’Aglaja Veteranyi, n’est-ce pas? Cette jeune femme née en Roumanie dans le monde du cirque a vécu en Suisse à partir de ses 2 ans, quand sa famille a fui le pays. aglaja.JPG Enfant de la balle, elle a choisi de s’exprimer en dehors des chapiteaux, dans les livres. On connaît surtout Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta, traduit de l’allemand par Marion Graf en 2004 pour les Editions des Péninsules, à l’époque où Eric Naulleau faisait autre chose que se trémousser chez Ruquier. Aglaja Veteranyi s’est donnée la mort en 2002 à Zurich.

C’est un de ces dessins inspirés par le cirque que j’ai choisi aujourd’hui pour vous faire connaître l’artiste peintre Ana Ruxandra Ilfoveanu. Tout une série de dessins est visible sur la galerie Liternet.

Une belle façon de rendre hommage à une étoile filante de la littérature.

Et puis j’aime toujours les artistes mêlant l’écrit au dessin.

Ana Ruxandra Ilfoveanu a exposé en 1994 à Argentan, puis en 1998 dans diverses galeries du centre de la France… Je rêve d’une nouvelle exposition en France… Et pourquoi pas d’un événement comme celui dont ont profité les bucarestois il y a quelques temps : Sorin Ilfoveanu, son épouse Ana Ruxandra et leurs deux garçons, artistes eux aussi (mais je ne connais pas ce qu’il font) ont exposé tous ensemble. Le nom de l’expo? La Saga Ilfoveanu!

 

La grenade d’Inga Abele

Je suis horriblement en retard dans la diffusion du compte rendu de notre Café Bouquins du 20 mars dernier!

Et pourtant, ce fut une séance d’anthologie! Inga Abele peut se réjouir d’avoir éveillé tant de passions contraires dans un modeste club chartrain! Le sang de la grenade a coulé, les vents lettons nous ont soulevé. Les fleuves de nos pays ont failli nous emporter.inga-abele.JPG

Ceci dit, je ne fais là que vous mettre l’eau à la bouche… Mais il faudra patienter encore un peu avant que j’ai le temps de cogiter un billet qui rende compte fidèlement (heu, non, avec la plus totale subjectivité) de notre dernier Café Bouquins….

L’expérience lettone a été si forte que je rempile avec un volume de nouvelles (encore, j’adore cet exercice littéraire!) de Janis Ezerins, intitulé L’âne rose et toujours publié par l’Archange Minotaure. Et puis je fais des fiches de lectures d’ouvrages roumains. Et puis je suis rentrée du Festival de Laval avec des envies de lecture. Et puis le salon du livre est passé mais la pile de livres à lire a augmenté…

Comme ce blog de traduction est aussi (avant tout?) un blog de lecture, voici quelques titres de ma moisson mars 2010:

Le clavier canibale, de Claro, chez Inculte (j’en avais envie depuis un moment: livre écrit par un traducteur, sur les traducteurs, comme le formidable Revanche du traducteur de Brice Mattieussent chez P.O.L lu l’an dernier)

L’Homme barbelé, de Béatrice Fontanel (Grasset et Livre de poche)

Bashô: le fou de poésie, l’histoire de ce poète japonais, racontée par Françoise Kerisel et sublimement illustrée par Frédéric Clément que j’ai eu le plaisir de re-revoir au Salon pour un instant clément hors du temps.

Les Guerriers fauves de Viviane Moore , le deuxième tome de la sage de Tancrède le Normand

Chez Borgès, de Arberto Manguel traduit par Christine Le Boeuf pour compléter ma collection Manguel et m’offrir un peu de l’intimité de Borgès lecteur…

Tombe, tombe au fond de l’eau par Mia Couto, conseillé par Béatrice Fontanel qui me fait découvrir non seulement l’auteur mozambicain mais la maison d’édition Chandeigne. Où j’ai aussi acheté un Zacharias Topelius, auteur finlandais de langue suédoise, prolifique auteur et fondateur du roman historique finlandais. Je me suis laissée tenter par un livre illustré par Philippe Dumas et traduit par Philippe Couty, intitulé Refanut, le navire fantastique.

Entretien Dan Lungu au festival de Laval

Animation Flash
Le Festival de Laval du Premier roman, édition des 18 ans, c’est fini!
Ecoutez cet entretien avec l’écrivain roumain Dan Lungu, réalisé par Samuel Pecot entre deux cafés littéraires et tables rondes…
Christian Laigle, un sympatique lecteur de Laval a participé au dîner des auteurs du samedi soir. Il nous prête cette photo…
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…où on me voit en train de présenter une anthologie de 22 écrivains roumains sur laquelle j’ai travaillé (à la demande de l’Institut culturel roumain) pour qu’elle soit prête au moment du Salon du Livre et du festival de Laval…
Le Festival du Premier roman de Laval est organisé par une association nommée Lecture en tête. L’association vient de créer une résidence d’écrivain. Jaunay Clan, une poétesse dont vous reparlerai a été la première. Velibor Colic, un écrivain bosniaque présent au Festival, la semaine dernière, et avec lequel nous avons eu de belles discussions, prend le relais. Il s’installera dans la jolie ville de Laval en octobre prochain…
La Roumanie a été l’invitée de la saison littéraire 2009-2010 du festival et les multiples tables rondes et conférences avec des écrivains roumains et des spécialistes de la littérature de ce pays ont été rendues possibles grâce au soutien de l’Institut culturel roumain de Bucarest.

Festival de Laval avec Dan Lungu

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C’est là que je serai ces prochains jours.

Pour sa 18ème édition, le beau Festival du Premier Roman s’ouvre une fois de plus à la littérature européenne : la Roumanie est ainsi mise à l’honneur en 2010.  L’écrivain roumain Dan Lungu a été choisi par les lecteurs mayennais pour représenter son pays. Son premier roman traduit est Le Paradis des Poules et le second, Je suis une vieille coco!

Dan Lungu sera face à ses lecteurs samedi 27 mars, à 14h30, au Théâtre, lors de la table ronde sur la littérature roumain contemporaine que j’animerai.

Sorin Ilfoveanu – Portrait avec sauterelle et chat

 

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C’est l’oeuvre qui a été mise en vente ce fameux 29 mars 2009 à Paris (voir le premier article de cette mini-série – celui sur Stefan Caltia).
Vous pouvez admirer d’autres toiles sur son site personnel disponible en anglais et en roumain.

Sorin Ilfoveanu est une pointure de l’art contemporain.

Je connais son travail depuis plusieurs années pour une raison toute particulière : il a illustré la couverture de certains des romans de l’écrivain Stefan Agopian… lui-même étant L’AUTEUR que je souhaite le plus ardemment publier en français (que les autres écrivains qui me tiennent également à coeur ne se sentent pas oubliés : tous comptent autant à mes yeux).

Allez, pour le plaisir, une photo de l’atelier de l’artiste (retrouvez -la ainsi que bien d’autres sur son site).

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Prochain artiste : Ana Ruxandra Ilfoveanu…

Clown ailé par Stefan Caltia

Ce blog a besoin de couleur!  Je nage dans le noir et blanc, au propre comme au figuré : le contraste des lettres sur la page et sur l’écran, le binôme français – roumain… bref, je traduis à tour de bras.

Alors ces quelques images que je vous offre sur plusieurs jours me donneront l’impression d’ouvrir la fenêtre.

Aujourd’hui, la première est une huile de Stefan Caltia. Cette toile a fait partie de la grande vente aux enchères qui s’est tenue le 29 mars 2009 à l’Hôtel Drouot. C’était l’occasion de voir les oeuvres de plus de cent artistes roumains contemporains.

Le catalogue « Bucarest à Paris – Panorama de l’art roumain » permet de poursuivre le voyage – et pour moi d’évoquer ici des artistes que j’aimais et connaissais déjà  ou bien que j’ai découverts à cette occasion.

Stefan Caltia est né en 1942. Il enseigne à l’Université Nationale des Arts de Bucarest. Il est un artiste dont les thèmes et la palette sont depuis longtemps très reconnaissables et.. ultra reconnus par les amateurs et les acheteurs d’art contemporain dans le monde entier.

J’aime beaucoup. Je m’envole avec ses personnages.

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Mais avant cela, je vous offre aussi ce portrait de l’artiste Stefan Caltia, en remerciant au passage Ioan T. Morar (qui est écrivain et un des piliers du journal satirique roumain Catavencu) pour cette photo que j’ai trouvée sur son blog et que je lui emprunte!

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Prochaine étape picturale : Sorin Ilfoveanu.

Traduction à l’Esperluette – Cartarescu et Strindberg

Une tonitruante rencontre aura lieu mercredi soir à 19 heures à l’Esperluette, la jolie librairie du centre de Chartres!esperluette.JPG

 

Deux écrivains, deux Europe, deux époques, deux traductrices portant leurs textes : c’est à cette rencontre que nous convie Olivier L’Hostis le libraire. (cliquez sur le lien pour entendre un entretien video sur le site de l’Echo Républicain -c’est très intéressant car on voit un vrai libraire à l’oeuvre).

Voici l’invitation envoyée aux lecteurs par ses soins :

« L’Esperluette vous invite à une rencontre découverte, en compagnie de Elena Balzamo et de Laure Hinckel, des littératures méconnues des pays de l’est de l’Europe et de Scandinavie.

Traductrices, elles évoqueront également leur métier, et le rôle qu’elles ont dans la diffusion de textes de ces pays. Très au-delà de la simple traduction (si tant est que ce soit simple), elles écrivent, lisent, découvrent et défendent des auteurs auprès d’éditeurs français. Et auprès de vous, afin que vous ayez le plaisir de lire des auteurs de grande littérature pas toujours très médiatisée, classique et contemporaine.

Elles vous donneront d’autres envies de lire mercredi 3 février, à 19h à la librairie. »

 

La rencontre permettra de connaître mieux deux ouvrages parus très récemment:

 

Le premier tome de la monumentale correspondance de Strindberg – voir sur le site des éditions Zulma la présentation du personnage et de l’oeuvre. Ce travail a été fait par Elena Balzamo, traductrice chartraine d’adoption – je crois qu’elle nous dira mercredi soir qu’elle y a passé plusieurs années et que son travail de recherche sur la correspondance est inédit dans le propre pays du dramaturge, romancier et nouvelliste suédois. C’est dire l’importance de son travail.

 

Le roman de Mircea Cartarescu, L’Aile tatouée, aux éditions Denoël. Vous savez, vous qui lisez ce blog régulièrement, que cette écriture aux riches reflets m’a portée pendant plus d’une année.

Voici un extrait de la critique parue dans Les Inrockuptibles (n°726) : « Taillé dans le même marbre que les récits de Joyce et Pynchon, L’Aile tatouée a cet éclat des romans à facettes. D’où l’étrange et grisante sensation pour le lecteur de voguer d’une perception à l’autre, dans la multitude des champs visuels que déploie le roman. »

Et  le début de l’article de Bernard Fauconnier dans Le Magazine littéraire : « L’ Aile tatouée clôt la trilogie d’Orbitór, commencée par Mircea Cartarescu il y a quinze ans avec L’Aile gauche. Ce troisième volume, éblouissant, hisse l’auteur roumain au zénith de la littérature européenne. Le corps d’un papillon est un univers à lui seul, comme ce roman initiatique, symbolique, réaliste, spéculaire, philosophique, poétique, et bien d’autres choses encore, écrit, et magnifiquement traduit, dans une prose savante, populaire, lyrique, comique, triviale – mélange de styles, de tons, de niveaux de langue qui réserve de longs moments de délectation. »

 

A mercredi!

De la Norvège à la censure : voyage du jour

On est en Norvège…
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Une vitrine complète dédiée à la traduction des livres de Mircea Cartarescu…

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Une vue de chez norli, (les photos sont de Steinar Lone), un libraire dont vous découvrirez le site en cliquant sur son nom …

C’est la nouvelle du jour: le succès, déjà, du tome 2 de la trilogie de l’écrivain roumain dans la traduction de Steinar Lone, mon confrère norvégien. Je suis heureuse pour les deux, l’auteur et le traducteur.

J’ai visité le site de la librairie pour le plaisir de « les mer »  avoir l’impression d’en connaitre un chapitre, de cette langue nordique (l’allemand, ça aide!); pour m’amuser à dire le nom de mon métier : « oversetter »; pour découvrir des catégories de romans qui n’existent pas en France (je vous laisse y aller seul, on verra si j’ai des retours); pour comparer les différentes couvertures de livres, un petit jeu que j’aime bien; et même pour me poser d’insondables problèmes en découvrant pour certains ouvrages une pagination incroyablement différente d’une langue à l’autre …

… et c’est en faisant cette promenade virtuelle que j’ai découvert que Steinar a aussi traduit (entre autres nombreux ouvrages) Le Con d’IrèneIrenes fitte en norvégien…

Le roman érotique de Louis Aragon, parut sous le manteau en 1928 signé Albert de Routisie pour dérouter la censure… Régine Deforges le republia en 1968 sous un titre passe-partout – ce qui n’empêcha pas la saisie de l’ouvrage…

Je suis hors-sujet???

Pas tant que ça, finalement …

… car je tombe ce soir sur un cas de caviardage  – quand je vous aurai dit de quoi, vous verrez qu’il fut question de censure – ou d’autocensure.  Le texte sur lequel je travaille  présente un duo de « calmi peripateticieni »  autrement dit, vous l’aurez compris, de « calmes pérépatéticiens »… Mes promeneurs aristotéliciens jouent les hommes invisibles dans la version française de 1968… Je leur redonne droit de cité.

Bibliomane, bibliotaphe, bibliognoste : lequel êtes-vous?

Partie sur les traces, hier, de Till Eulenspiegel , autrement dit Til l’Espiègle, je suis tombée sur une édition belge de 1835 dont l’avant -propos, signé par un bibliophile passionné, contient quelques définitions de mots suffisamment rares pour que j’aie envie de les partager ici.

Cette édition n’est, pourtant, pas du tout la meilleure pour savourer les facéties du personnage.

Il faut lui préférer celle de Pierre Jannet, « première traduction complète faite sur l’original allemand de 1519 », car elle est bien plus complète et surtout, bien meilleure.till.JPG

Pour l’instant, ce que je livre à votre sagacité, vous mes lecteurs qui êtes, je le sais, amoureux des livres, ce sont ces quelques lignes :

« On moque le bibliophile et ses soi-disants confrères, le bibliomane, le bibliotaphe et le bibliognoste. Le premier est évidemment plus éclairé et plus utile à la littérature, parce que, ne s’attachant qu’aux bons ouvrages, il rend nécessairement les auteurs plus circonspects, plus difficiles et plus soigneux dans leurs productions.

La bibliomanie est la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s’instruire que pour les avoir et pour en repaître sa vue.

 

Le bibliotaphe, mot tiré du grec, comme le précédent, signifie enterreur de livres. Le terme s’applique à ceux qui n’achètent des livres que pour les enfouir et empêcher les autres d’en profiter. Ils sont aux livres ce que les avares sont à l’argent.

 

Bibliognoste : l’on doit ce mot à l’abbé Rive. Le bibliognoste est celui qui ne connaît guère que l’histoire des livres, leurs titres, la date de leurs différentes éditions, le lieu où elles ont été faites, le nom des éditeurs, des imprimeurs etc., enfin, ce qui tient particulièrement au matériel des livres. »

Alors, vous êtes quoi?

Fièvre du vin de centaurée

J’étais en train de traduire, extrait d’un roman, un très joli passage dont l’action se situe dans une apothicairerie, au début du dix-huitième siècle. Le narrateur relate la mésaventure cocasse et, finalement, bénéfique, d’un enfant (lui-même) placé chez un vieillard très sympathique, toujours plongé dans Le poème de la médecine d’Avicenne et grand amateur de remèdes anciens et rares.

 

Et puis voilà mon apothicaire en train d’administrer à son pupille, pour le soigner d’un mal quelconque, un sirop de frigurică. Et le gamin aime tellement ça qu’il en devient accro, un véritable ivrogne….

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Hum hum, quand un traducteur voit poindre la possibilité d’une recherche dans le vaste lexique des végétaux, il se frotte les mains ! Surtout quand s’y rajoute l’énigme d’une plante qui enivre.

 

Sans surprise, je trouve dans le dico roumain le nom latin de la belle – mais vous le cache pour l’instant, histoire de ménager le relatif suspens de cette chronique.

Je trouve assez évident ce que me dit le dictionnaire, frigul le froid, frigurele, la fièvre, avec le diminutif –ică. Tiens, voilà une plante contre la fièvre, un fébrifuge traditionnel.

 

Ça ne me donnait toujours pas le nom de la plante en français.

Erythraea pulchella est une centaurée.

Dans mon texte, la petite centaurée, réputée pour son amertume. On sait depuis les temps anciens que cette amertume est gage, lorsqu’elle vient des plantes, de stimulation de l’immunité, d’ouverture de l’appétit et des voies biliaires, d’élimination des déchets.

Or, dans la médecine traditionnelle, pour faire baisser la fièvre, il faut faire « sortir le mal ». D’où l’emploi très répandu de cette plante amère, comme tant d’autres ayant les mêmes vertus, avec en premier lieu la gentiane, le chardon bénit, l’épinette vinette, le pissenlit, l’artichaut etc.

 

Et mon « sirop de petite centaurée » ? Pourquoi le rend-il ivre, ce pauvre enfant ?

 

Eh bien, « dans nos campagnes », comme on dit, on préparait autrefois un « vin de centaurée ». Un bitter, si vous préférez, autrement dit une boisson amère, sucrée et fortement alcoolisée dont on ne peut s’amuser à fioler sans modération…

 

Pour revenir à mes moutons : je constate en roumain que ce joli mot a choisi, pour se former, à partir du latin febris, la voie domestique et pratique. Cette plante porte donc le nom du mal qu’elle combat. Chateaubriand raconte quelque part : « On m’avait guéri d’une fièvre avec de la petite centaurée ».

Alors que la langue française a choisi de se souvenir du centaure Chiron, rangé parmi les habiles médecins (Littré).

Photo Laurent Crassous.

 

Salinger: premières révélations

Onze lettres inédites de Salinger seront bientôt exposées à la Morgan Library de New York! Lisez la suite ici, sur le site très intéressant, Actua Litté où j’ai découvert cette information.

http://www.actualitte.com/actualite/17009-lettres-inedites-Salinger-Morgan-Library.htm

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(la photo provient du site mentionné)

Les beaux Avatars d’Orbitor

De belles choses se passent, parfois… J’ai reçu aujourdh’ui un mail de Steinar Lone – le traducteur norvégien de la trilogie de Mircea Cărtărescu, Orbitor. Heureux de voir dans son pays le tome 2  sortir en librairie, il m’envoie la couverture du livre. Et un cadeau, celui que Mircea Cărtărescu lui-même accorde à ses traducteurs de par le monde en les remerciant publiquement, nominalement, dans un grand entretien accordé à la revue Romania Literară. Belle journée, je vous dis.
steinar.JPG Je viens de vérifier, kroppen signifie, en norvégien, comme de juste, « Le Corps ».

Je rappelle à cette occasion que le premier volume (en roumain Orbitor – L’Aile gauche) s’intitule en français Orbitor, dans une traduction d’Alain Paruit (Denoël).
Le second volume (Orbitor – Le Corps) a pour titre L’Oeil en feu également traduit par Alain Paruit.
Le troisième tome (Orbitor -L’Aile droite) est comme vous le savez en français dans ma traduction L’Aile tatouée.

En 2008, Inger Johansson la Suédoise a été la première à mettre le point final à la traduction du troisième tome…orbitor inger
Ce qui est tout de même très sympathique est que nous avons eu tous trois l’occasion de nous rencontrer, en 2008, lorsque j’ai organisé pour l’Institut culturel et l’association des traducteurs de littérature roumaine (ATLR) notre grande rencontre parisienne…

Steinar est écrivain, journaliste et traducteur d’italien, de roumain et de français (Camil Petrescu, Umberto Eco, Catherine Breillat…). Il est aussi bon gastronome. Il a mis en ligne un très sympathique vocabulaire gastronomique anglais-français… norvégien!

Le consulter, c’est parler. S’y attarder, c’est prendre son billet d’avion pour la Norvège!

Bon courage Steinar pour la suite du travail!