Se mettre à nu

Dès que je commence la traduction d’un livre, je laisse des traces tout autour de moi. Des griffonnages sur des bouts de papier, des notes sur un nouveau cahier que j’ouvre à cette occasion, des notations dans mon agenda – l’agenda est le lieu des encouragements : j’y consigne la quantité de travail réalisée, la page où je me suis arrêtée ou encore le nombre de signes traduits dans la journée.  

Les informations les plus intéressantes se trouvent dans le cahier. C’est très insignifiant, de faire le compte des lignes et des pages sur une page d’agenda. Mais cela sert à jalonner l’effort du travailleur solitaire, lequel s’impose par là une discipline salvatrice et motivante.

Les notes de traduction, elles, sont aussi riches qu’impalpables. Elles sont l’odeur de la pluie sur la terre assoiffée : fugitives, parfumées.

C’est subjectif, parcellaire, peut-être trop compliqué ou destiné à un public particulièrement restreint, et pourtant, j’ai décidé de publier ici une année de mon journal de traduction.

Hasard du calendrier, on voit en ce moment circuler une photo du film « Les Traducteurs », qui doit sortir bientôt. La photo choisie est marquante : les traducteurs alignés sont presque à poil. C’est que je sens bien que la publication de ces notes personnelles est une manière de mise à nu. J’expose des choix, des hésitations, des questionnements. Parfois, j’avoue que je ne savais pas et je signale ce que j’apprends en route. En cela, c’est un travail plein d’humilité : lorsque je traduis, je doute. Je m’interroge, j’apprends. Je viens aujourd’hui révéler l’envers du tapis coloré qu’est la traduction finalisée.

Mais, il est bien évident que si je commence cette publication, c’est parce que le livre traduit est exceptionnel. C’est l’œuvre remarquable d’un écrivain qui a atteint la maturité et qui, au lieu d’essayer des recettes diverses, a creusé son sillon, ses thèmes. Il a approfondi son travail tout en élargissant encore son champ scriptural : Mircea Cărtărescu est déjà très connu pour l’ampleur de ses visions allant du microscopique élément biologique au grand brassage du temps qui fait rouler l’espace sur lui-même. Dans Solénoïde, il ajoute à ses thèmes celui de la destinée humaine et évoque sa perception aiguë de l’exiguïté de notre existence physique. Cela donne des pages, des chapitres, d’un élan humaniste formidable.

Solénoïde est en librairie depuis quelques jours et les premiers échos sont déjà très bons. Le livre a remporté le prix Transfuge du roman européen.

J’espère que mon Journal de traduction intéressera pour ses aspects linguistiques et qu’il donnera aussi des clés pour donner envie de connaître l’œuvre de l’auteur.

Solénoïde, de Mircea Cărtărescu, traduit du roumain par Laure Hinckel, éditions Noir sur Blanc, août 2019

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Aux martinets, les traducteurs reconnaissants


Il y a des moments où je sens qu’il est urgent d’écrire ici. Je suis une adepte du slow-blog et ne me sens pas contrainte de rajouter des mots sous un nouveau titre juste pour biffer une date dans le calendrier d’activité du site…  Mais aujourd’hui, un bon article lu ailleurs me tend la perche, me chuchote  “tiens, tu n’es pas la seule à penser comme ça”.
Claro a mis sur son site, sous le titre « A l’ombre des traducteurs en pleurs », un texte très intéressant, à lire en cliquant ici. Il identifie d’abord trois sortes de traducteurs littéraires classés selon leur humilité/ professionnalisme / sens des réalités lors de l’édition / fabrication de leur traduction. En bref, il y a les arrogants, puis les « adeptes du doute » qui sont réalistes, et ceux qui sont un peu des je-m’en-foutistes (mais il ne leur jette pas la pierre – et moi non plus).La lecture de son article a soulevé en moi tant de réflexions que je vais avoir du mal à organiser ce billet pour qu’il n’ait pas l’air d’une paraphrase ni d’une réponse point par point. Mais je me suis installée sur la terrasse encore très chaude sous les doigts de pieds, j’écoute les martinets, je vois la voisine ouvrir sa porte d’entrée pour faire entrer un peu d’air frais dans sa maison, et je m’y mets.

Oui, Claro a mille fois raison de dire clairement ça :

« Quand un traducteur peut-il dire que sa traduction est achevée? La seule réponse valable semble être: quand l’éditeur la lui arrache doucement des mains et signe le bon à tirer. BAT! En effet, même achevée, la traduction qu’il a rendue va être soumise à relecture. Divers lecteurs vont repasser derrière lui, afin de signaler les « problèmes ». Or les problèmes peuvent être nombreux et de nature variée. Il peut s’agit d’incohérence, de faux sens, d’un oubli, d’une formulation peu claire, d’un doute sur l’orthographe d’un nom propre, d’un détail typographique, etc. Quelle que soit la compétence du traducteur, il n’est pas infaillible et commence, en outre, à souffrir d’une éprouvante presbytie due à un contact rapproché avec le texte. Il faut donc qu’il passe la main. »

Tout bon scripteur / penseur / traducteur en français que l’on soit, notre vigilance peut baisser. On a procédé à une énième relecture sur papier, au verso de feuilles déjà couvertes de corrections d’une ancienne traduction déjà publiée, et cela ne nous empêche pas, parfois,  d’envoyer le travail avec des morceaux de phrases un peu lourdes, des répétitions… Sans parler des coquilles qui émaillent le tapuscrit.

Un truc inestimable

Quelques temps après, votre éditeur vous écrit pour vous proposer quelques améliorations. Plus ou moins importantes. Comme l’histoire de crow que Claro confondit avec crowd, sans doute parce qu’il était passé trop vite. Il faut s’inquiéter quand il y a des passages entiers qui sont entièrement à reformuler. J’en ai vu bien souvent au cours de mon expérience de responsable d’une défunte revue de traduction. 

Ne croyez pas que deviser avec légèreté sur les erreurs que l’on reconnaît soit si facile. Mais cela fait partie de l’apprentissage de la profession. Et je déplore comme Claro que certains se sentent « intouchables ». Recevoir les suggestions de correction que l’on vous fait en bonne intelligence n’est pas abandonner son statut d’auteur de ladite traduction.  Je pense que c’est la raison pour laquelle certains réagissent mal : ils ont peur qu’on leur prenne quelque chose… alors qu’on leur donne justement un truc inestimable : l’occasion d’améliorer le texte pour lequel ils ont déjà donné tant de leur talent. Je ne sais plus dans quelle étude j’ai lu que chacun de nos passages sur nos traductions nous permet d’améliorer notre texte de 5, voire 15%. Alors vraiment, je trouve normal de remercier celles et ceux qui nous mettent sur la voie, en pointant les bourdes et les relâchements. Pour ma part, les correcteurs et correctrices de chez Actes Sud ont ma reconnaissance éternelle. J’ai déjà eu l’occasion de dire tout cela en public et de remercier non seulement les éditeurs français d’avoir le bon goût de publier de la littérature étrangère, mais aussi les correcteurs qui me font grandir.

L’écrasante majorité des gens n’ont pas idée de la part du travail éditorial intervenant dans la concrétisation de l’objet fantasmé (oui, fantasmé!) qu’ils tiennent entre leurs mains. Ils sont souvent pleins d’une déférence sacrée pour ce que le romancier a été capable de sortir de son imagination. Comme eux, heureusement que je sais me laisser emporter par un García Márques ou un Boulgakov, et que je n’ai pas en tête toutes les étapes qui ont mené à la mise en forme du livre (quoique, par déformation professionnelle, j’observe des tas de choses, et surtout les marqueurs de lisibilité d’une traduction…). C’est heureux, car le plaisir de l’immersion dans le texte ne devrait pas être perturbé par des facteurs matériels.

Polir le diamant brut

Mais il y a une part des lecteurs qui ont une vision extrêmement décomplexée de l’oeuvre écrite, sans pour autant connaître toutes les étapes de sa fabrication. Et parfois – de plus en plus souvent – ils se disent qu’ils pourraient bien écrire, ou traduire, eux aussi. Mais oui, c’est si facile! Le marché de l’autoédition leur ouvre les bras! J’éprouve une défiance moyenâgeuse à l’égard de ce phénomène. Mais je revendique ma position réac, je ne crois pas à l’oeuvre littéraire sortie impeccable, coup de peigne et tenue de soirée, du clavier de son géniteur incompris – car, évidemment, c’est parce qu’il ou elle est un génie incompris, ou la victime d’un complot de la clique des traducteurs (!?), qu’il ou elle en vient à s’autoéditer… Je crois aux œuvres littéraires géniales, bien entendu. Et elles peuvent être révolutionnaires et débraillées, là n’est pas la question. Mais il faudra toujours polir le diamant brut.

Oh, combien je vous remercie, Claro de m’avoir donné l’occasion, par ricochet, de dire tout ça. Le jour baisse, les martinets crient dans le ciel d’un bleu layette, je poursuis. Que j’en vienne moi aussi à mes zèbres et zébus (trois z à la suite!)

Quand deux ou trois traducteurs de littérature roumaine dans les autres langues de la terre se croisent, en vrai ou sur internet, ils abordent un sujet qui revient tout le temps. Un truc qui peut leur pourrir leur journée de traduction (attention, ce que je vais écrire ne plaira pas aux éditeurs roumains). Et il s’agit de ça : nombre des romans sur lesquels nous travaillons pour les traduire sont bourrés de fautes, traités avec les pieds, on se demande parfois s’ils ont été relus (aïe, je vais exagérer, mais on dit aussi “qui aime bien châtie bien”, non?).

Et là où, chers lecteurs de l’article de Claro, vous allez voir où je veux en venir, c’est qu’il est de tradition, dans les livres édités en Roumanie, de mentionner le nom de la personne qui a accompli un travail éditorial (comprenez, pour faire simple, de relecture, de mise en cohérence, de correction).

Traités avec les pieds

En ce moment, je peste contre 💣💀💥💫💨 qui théoriquement a dû travailler sur le livre de 😇💙💤 puisque son nom figure dans les pages de ce livre, qui est un super livre, d’un super auteur, et moi, qui le traduis, j’éprouve de la peine pour lui, l’auteur, dont le livre est sorti des presses dans cet état!

Je suis une traductrice et depuis que j’ai commencé un jour d’août à Saint Denis il y a déjà longtemps, je ne cesse de noter des corrections dans les ouvrages que je traduis. A la fin de chaque traduction, j’envoie une liste de plusieurs dizaines de coquilles plus ou moins graves à l’auteur, qui me remercie parce que cela lui sera utile pour l’édition suivante. Chers lecteurs français, vous avez échappé à la confusion entre trompe de Fallope et trompe d’Eustache, dans tel roman que j’affectionne. Mais le lecteur roumain, lui, n’a pas échappé aux mobiles de Calder qui deviennent, dans la version roumaine d’un roman de François Weyergans, des téléphones portables… Cherchez l’erreur…

C’est rigolo, ce sont des exemples amusants que les lecteurs avertis corrigent d’eux-mêmes, dirons nous.

L’acribie avec laquelle nous travaillons sur nos livres à traduire fait dire aux écrivains reconnaissants que nous, leurs traducteurs, sommes les personnes qui connaissons le mieux au monde leurs livres (mieux qu’eux!), mais cela pose tout de même des questions sur le travail éditorial dans la version originale, quand on doit régler de tels problèmes de cohérence (ou parfois de structure, mais c’est un autre sujet). Que ne règlent pas la présence du nom de l’éditeur ou du correcteur dans les dernières pages du livre. En fait, si je peste contre  💣💀💥💫💨 , j’éprouve aussi de la compassion pour cette personne: dans quelles conditions travaille-t-elle pour fournir un si horrible boulot??

Claro a fait cette suggestion de faire figurer le nom des éditeurs, des correcteurs. J’ai pris un livre au hasard sur mes étagères et c’était un livre du Seuil, Le turbulent destin de Jacob Obertin, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine. Le nom de l’éditrice est mentionné. J’ai l’impression que c’est une exception. En revanche, dans mes livres roumains, chez Polirom, Humanitas ou Trei, on trouve le “rédacteur”, l’auteur de la couverture, le compositeur (la personne qui a saisi le texte et l’a mis en page). Chez Trei, on dirait un générique de film, car tout le monde est mentionné, de l’Éditeur aux graphistes.  C’est vraiment bien. Quoique. Les premiers commentaires reçus font la part des choses entre salariés des maisons d’éditions et ceux qui exercent une propriété intellectuelle sur l’ouvrage.

“En dépit de sa singularité, un livre bénéficie d’un soutien collectif qui n’a aucune raison de rester anonyme” écrit Claro chez son clavier cannibale… Je suis d’accord avec lui sans doute parce que je connais l’ampleur du travail accompli en édition… Et vous, qu’en pensez-vous? 

 

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En résidence de traduction – 3 – Galati

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Sous la treille.

Le bureau de la traductrice a bien changé en quelques jours! Adieu la fraicheur des verts sapins, bonjour les 35° sous la vigne! Je retrouve la treille à Galati et je repense à juillet 2013. Danube(s) Promenade sur la rive droite (cliquez sur le lien) inaugurait une petite série de 15 instantanés d’une promenade subjective. Le fleuve immuable me tend toujours les bras. Je rêve de prendre le bac et de retourner sur la rive droite pour aller à travers les montagnes trouver des villages pleins d’acacias, des lacs secrets, des bars écrasés de chaleur, des rives aux noms d’ailleurs : Babadag, Jurilovca, Enisala…

Mais pour l’instant, il faut aider le texte à trouver sa nouvelle peau. Ecrire, lire, revenir à la traduction. Lire encore. Faire quelques photos du monde qui passe ou qui reste. Pour s’ancrer soi-même dans ce qu’on regarde. Et marcher.

Je suis retournée dans la librairie Humanitas de Galati, dans la même rue que l’Université. La ville est presque déserte à cet endroit. La banderolle « Admissions » flotte mollement au fronton de l’établissement: les étudiants connaissent désormais le résultat de leur examen d’entrée en fac et sont fixés sur leur sort.

Je trouve tout de même du monde dans la librairie climatisée. Cela sent bon le thé et les bougies parfumées, ces adjuvants de vente qui semblent incontournables. J’inspecte le présentoir à la recherche de cartes postales, j’en trouve deux seulement qui présentent la Roumanie dans son ensemble, mais aucune avec la grande ville aux trois frontières dans ce grand virage du Danube avant la mer. Je vois soudain des petits sachets contenant des « cartes postales » puzzle, je plonge la main : Arc de triomphe, Châteaux de la Loire, Notre Dame de Paris! Comme je n’ai aucunement envie d’envoyer de Galati une carte postale qui ferait croire à une virée parisienne, je m’occupe enfin de l’objet de ma recherche :

ROBERTO BOLANO

 Je n’ai pas la patience de rentrer en France pour le lire en français, alors je le commence en roumain.P1120352 - Edited J’ai acheté Les détectives sauvages, traduit de l’espagnol en roumain par Dan Munteanu Colan (éditions Corint). Je laisse 2666 pour mon retour. Et pourtant, quelle énorme curiosité me dévore!  Première phrase des Détectives : « J’ai été cordialement invité à rejoindre le réalisme viscéral« . Dernière phrase sous un rectangle en pointillés : « Qu’il y a-t-il derrière la fenêtre« ?  Je sens que les trois millions de chambres et de corridors à parcourir avant d’arriver à cette ouverture finale ne me laisseront pas indifférente!

Pendant les quelques jours passés en Bucovine, l’écrivain sud-américain a alimenté nombre de conversations entre Doina Jela et moi. Et je ne sais pas pourquoi, dès qu’on parle de littérature sud-américaine on évoque aussi la littérature russe. Deux grandes cousines qui ont en commun les gènes de la puissance narrative et de l’imagination, deux armes redoutablement efficaces pour délivrer du témoignage XXL.

A ce propos, je dois dire qu’en déposant ma candidature pour une résidence de traducteurs auprès du Musée de la littérature de Iasi je ne m’attendais pas à une si belle expérience. Grâce à un partenariat de cette institution avec des personnes privées, j’ai eu la grande chance d’avoir pour hôtesse l’écrivain Doina Jela: nos journées consacrées à la lecture ou à l’écriture chacune de son côté avaient aussi quelque chose d’un séminaire ou d’un cénacle plein de surprises quand on se retrouvait autour du repas ou pour une longue promenade. Quel plus bel exemple de partage et d’ouverture culturelle que cet échange à l’ombre des sapins?

 

En résidence de traduction – 2 – Bucovine

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Le nouveau roman de Savatie Bastovoi, les épreuves de l’Hôtel Universal de Simona Sora, La Medeleni, un livre pour enfants, dans le cadre de la résidence offerte par le Musée de la littérature de Iasi…

Du travail pour l’été… De quoi nourrir le programme de ma résidence, voici ce que montre cette photo. Ce qu’elle ne montre pas, ce sont les belles conversations que nous avons chaque jour. Je vis chez un écrivain, une romancière. Et de quoi parlons-nous sinon de livres, d’écriture, d’engagement, et d’art du vivre-fort à l’écrit? Roberto Bolaño nous occupe particulièrement. Je me rends compte que je dois le lire, à présent. Les détectives sauvages est un livre qui vous subjugue, me dit mon hôtesse, Jela Despois, plus connue sous son nom de plume Doina Jela. La vie vous offre de ces raccourcis… Je me souviens très bien de son livre Telejurnalul de noapte. Mais ce recueil de chroniques n’est rien à côté du travail monumental autour de la mémoire du communisme et, surtout, de l’époque des tortionnaires. Il faut avoir le coeur bien accroché et l’âme bien trempée pour recueillir le témoignage d’un homme qui a torturé et tué des dizaines de prisonniers politiques, ce qu’elle a fait, entre autres, dans Drumul damascului – Le chemin de Damas, éditions Humanitas 1999.

Que je vous rassure, je ne passe pas la totalité de mes journées à travailler. Je laisse le texte travailler tout seul pendant que je m’oxygène en parcourant les montagnes alentour… à la recherche de champignons. Et c’est comme avec les hommes, il y en a des bons et d’autres qui sont un poison:

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Une petite girolle tapie dans la mousse. Elle a fini dans la casserole.

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Ce drôle de champignon, bien entendu qu’il est resté sous sa branche de sapin. Mais il est beau, on dirait une sorte de corail jaune.

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La fameuse amanite des manuels. Dangereuse autant que belle. Pas touchée. Juste admirée.

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Lui, je ne connais pas son nom. Mais quelle beauté! Il a vraiment la couleur de l’argent. Ou du mercure, tient. Il est resté au pied de son arbre.

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Les gens d’ici les appellent les « piquants » et ne les mangent pas. Ici, les gens ont le choix : entre les girolles, les bolets et les cèpes qu’ils ramassent par kilos entiers en défiant le danger que représentent les ours et les sangliers, pourquoi iraient-ils manger ces champignons-là?

 

En résidence de traduction – 1 – Bucovine

« Lieu pour se reposer et fumer ». J’ai souri et je me suis conformée. Enfin, reposée, parce que pas question de fumer… Le banc tourne le dos à la rivière, la Slatioara qui donne son nom au village, un lieu perdu dans les contreforts des Carpates. Je croise peu de gens…

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Ah si, il y a des enfants! Ils arpentent la route blanche sur de grands vélos ou font des barrages avec des galets dans le lit du torrent. Ou alors, ils cueillent des champignons. Ce soir, trois d’entre eux prenaient le frais devant une grande maison. A presque 100 ans d’écart, ils peuvent faire penser aux petits héros du livre dont je traduis un grand extrait dans le cadre de cette résidence offerte par le Musée national de la littérature de Iasi!  La Medeleni est un beau récit de l’enfance. Son auteur? Ionel Teodoreanu.

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La promenade quotidienne, dans ces alpages de l’Est carpatique, à la fin d’une grande journée de traduction, elle donne ça aussi :

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Et ça aussi :

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