Sur le statut de l’écrivain

La suite de mes notes…

18 janvier

Chapitre 5, page 40, je m’échine sur une phrase d’une grande complexité et aussi d’une grande beauté. Il s’agit du passage qui explique le terme de « créode » et qui est si important dans l’ensemble de la pensée du narrateur. Ce prof de banlieue qui est un écrivain raté (sic !) élabore une pensée philosophique : « La trajectoire de notre vie se solidifie sur notre passage, se fossilise et acquiert de la cohérence mais aussi la simplicité du destin, alors que nos vies qui auraient pu être, qui auraient pu se détacher à chaque instant de la gagnante, restent des lignes en pointillé, fantomatiques : des créodes, des différences de phase quantique, diaphanes et fascinantes comme des tiges qui végètent dans une serre. »

J’ai tiré la beauté de cette phrase de la gangue qui l’entourait : celle du sens obscur. Trouvant un sens, scintillant de clarté en français, cette phrase devient belle.

Mots difficiles : « calcio-vecchio »

Dans ce chapitre 6, à partir de la page 49, Mircea Cărtărescu déploie une réflexion sur le statut de l’écrivain et sur l’importance de la littérature, à partir de l’histoire d’Efimov, le personnage de Dostoïevski, le violoniste. Tout le livre est aussi une réflexion sur la littérature, totalement connectée au meilleur de la littérature mondiale.

« Volbură »

Première des scènes se passant dans la fameuse salle des professeurs de l’école située au bout du boulevard Colentina à Bucarest. Les tableaux aux murs sont toujours d’écrivains d’autres pays ou obscures ex-républiques soviétiques, ouzbèkes ou monténégrins ou plus loin, kalmoukes… Dans la cavalcade de la traduction, j’ai cru un instant que je me trompais, mais non, j’avais bien lu. Ce carrousel des portraits d’auteurs de pays minuscules est une ironie sur l’invisibilité des littératures des tout petits pays.

L’école, lieu de torture et de fantasme, mais lieu de vie puisque tout passe par là. Sacrée galerie de portraits. Ah, l’affreuse garde-chiourme du sous-sol ! Ah, l’étonnant directeur Borcescu et son coup de la panne ! Ah l’explosive Florabela !

Sifonării minuscule : minuscules échoppes d’eau de Seltz

Centre de paîne : débits de pain

Vulcanizare : ateliers de rechapage

Depozite de cherestea : dépôts de bois de construction

…à suivre, demain, même heure

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