…que je sois dans un corps

La suite de mes notes…

9 janvier 2018, mardi

J’écris :

« Il est si étrange d’avoir un corps, d’être dans un corps. » p.14 Mais l’auteur écrit « que j’aie un corps », et je m’apprête à me corriger tout de suite. Après tout, il y a une différence, entre dire une généralité : « étrange d’avoir un corps » et ce que l’auteur signifie.

Je dois changer le début de la phrase, dans ce cas : « Il me semble si étrange que j’aie un corps, que je sois dans un corps. » J’ai rajouté « me semble » parce que la phrase coule mieux mais aussi parce qu’il est question de subjectivité. Je suis plus près du sens, je crois, parce qu’il faut respecter l’impression très personnelle qui est exprimée là. 

Crinii-de-mare : tiens, les lys de mer, cela existe !

Le narrateur raconte la fois où, à 24 ans, il a fait son premier trajet dans Bucarest en direction de l’école où il allait enseigner, tout en nourrissant encore le rêve de devenir écrivain. La ville comme paysage mental de la douleur, obsession des douleurs dentaires – elles parcourent tout le livre.

« … repartiţia guvernamentală… » p. 19 : il est si facile de se laisser abuser par ce faux-ami. Il s’agit en réalité de « l’annonce officielle des affections » de poste à la sortie de l’université.

Au chapitre 3, le narrateur évoque son adolescence de grand solitaire et de lecteur absorbé par sa ville, Bucarest. Auto-dévoilement du faux-vrai écrivain : « Telle était la ville que je voyais par la fenêtre de ma chambre sur le boulevard Ştefan cel Mare et que j’aurais décrite inlassablement si j’avais réussi à devenir écrivain, je l’aurais transposée de page en page et de livre en livre, ville sans habitants mais pleine de moi-même comme un réseau de galeries dans l’épiderme d’un dieu (…) ». Orbitor commençait justement par une vision de l’ado devant sa fameuse et désormais culte triple-fenêtre panoramique donnant sur Bucarest…

J’aime retrouver l’univers de cet écrivain d’un livre à l’autre. Comme dans un seul grand Livre de la vie.

En 1976, pendant son service militaire, le narrateur a écrit LE poème intitulé La Chute, en sept parties « du paradis à l’enfer ». Première référence à Dante. Le triptyque de Dante éclaire aussi les autres livres de Mircea Cărtărescu et notamment L’Aile tatouée.  Référence aussi à Mallarmé, dont quelques vers sont disséminés dans le livre. Première évocation du livre d’Ethel Lilian Voynich Le Taon lu dans son enfance. La pelote Voynich-Boole-Vaschide-Manuscrit de Voynich se dévide à partir de ce moment-là.

…à suivre, demain, même heure

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