FILIT : des forêts de mains qui se lèvent

Par Laure Hinckel dans Blog 03 Oct 2017

Demain soir, je rejoindrai le Festival International de Littérature et Traduction (FILIT) pour sa 5ème édition.

Qui aurait cru que ce pari tenu par une poignée d’écrivains roumains de province donnerait un si beau résultat?

De grands auteurs européens sont venus jusque dans la petite (last edit après le commentaire de Denis Taurel : même vue de très loin, Iasi est tout de même la 4ème plus grande ville après Bucarest!) grande ville du nord de la Roumanie, depuis 2013, tels par exemple le britannique David Lodge, le prix Nobel de littérature Herta Müller, le bulgare Georgi Gospodinov, l’ukrainien Andrei Kurkov, le hongrois Attila Bartis, le suédois Aris Fioretos, les français Jean MatternJean RouaudFrançois-Henri Désérable, Romain Puertolas

Cette année, de grands noms connus des lecteurs se retrouvent à Iasi, et deux sont des prix Nobel de littérature : Svetlana Aleksievitch, bien connue pour son oeuvre mémorielle et Gao Xingjian, dissident chinois devenu français et qui écrit depuis de longues années dans notre langue. FILIT fait aussi venir à Iasi le somalien de langue anglaise Nuruddin Farah, auteur de plusieurs trilogies dénonçant par la littérature les crimes dans la Corne de l’Afrique. 

Emmanuel Regniez, l’auteur de Notre château, aux éditions du Tripode, est de l’édition 2017 et vient rencontrer les très attentifs lecteurs de cette ville.

Car c’est ce que j’avais remarqué lors des autres éditions (et tous les auteurs l’ont noté aussi: pour en savoir plus, lire ici) : le public est très, très nombreux, les rencontres avec les lycéens ‍organisées dans divers établissements sont des merveilles d’intérêt et d’engagement, avec des forêts de mains qui se lèvent dans les amphis.

Et moi, qu’ai-je à voir avec ce Festival? 

Tout :

✒️j’y retrouverai de nombreux confrères qui traduisent de la littérature roumaine dans leurs langues respectives. Nous sommes norvégiens, italiens, espagnols, anglais, allemands, néerlandais, suédois, hongrois, slovènes, bulgare, polonais ou croates et bien sûr français, et nous nous parlons en roumain, notre langue commune, de travail, de découverte et d’amour partagé pour une littérature,

 

✒️j’y découvrirai de nouveaux écrivains roumains et j’en retrouverai d’autres que j’aime,

 

✒️j’en parcourrai aussi la ville dont les collines et les monuments ont déjà une place dans ma mémoire et que je vais revoir comme on regarde des photos des vacances passées: en traquant les fissures du fond et les nouveaux visages qui se floutent en passant devant l’objectif.

Car un festival de littérature en Roumanie, c’est d’abord l’occasion de prendre un  bain de littérature roumaine, d’entrer dans les librairies, d’acheter des livres, de décrypter ce qui se joue dans la société et, aussi, bien sûr, d’écouter ce que les écrivains ont sous la semelle, avec un ou deux verres dans le ventre en fin de soirée… 

  • deleuze yvonne 3 octobre 2017 at 21:19 / Répondre

    Pensées affectueuses , Laure et bon festival .

  • Denis Taurel 3 octobre 2017 at 15:13 / Répondre

    Bonjour Laure
    très heureiux de recevoir de vos nouvelles
    et de vous trouver à Iasi en si bonne compagnie!
    C’est la fete de la traductique. J’en avait eu vent
    par Moni Salvan.
    Puis-je faire remarquer qu’à l’aune de la Roumanie
    Iasi est une grande agglomération, une capitale régionale
    et un grand centre universitaire. Bon séjour.
    Denis Taurel

    • Laure Hinckel 3 octobre 2017 at 16:06 / Répondre

      Bonjour Denis, et merci pour votre commentaire. Oui, Iasi est une ville importante, peuplée, une capitale régionale qui rayonne, mais il est vrai aussi que j’écris pour un public de lecteurs français qui voient Iasi très très loin de Paris. Savoir que vous suivez mes rares articles me fait vraiment plaisir! A bientôt!

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