Tant de désespéré désir de vivre !

La suite du Journal de traduction de Melancolia de Mircea Cărtărescu

7 juin 2020

« desperat », décidément un mot très ambigu et pas si facile que ça à saisir, même si, dans le cas présent, la traduction est simple: disperata dorinta de viata est un désespéré désir de vie.

Un oxymore à première vue, le désespoir et le désir de vie n’allant pas ensemble.

Mais il s’avère que le terme est employé très souvent dans la langue courante pour traduire une sorte d’impatience. On dira à quelqu’un Nu fi asa desperata : soit patiente ! ou on dira ce are de e asa desperat ?, qu’est-ce qu’il a à ne pas tenir en place/ à n’en plus pouvoir / à ronger son frein…

Ce que contient ce « désespéré »,  parfois, c’est une réserve d’énergie, comme un ressort prêt à bondir.

On retrouve la « résistance, la violence désespérée » (Balzac, voir la définition de désespéré dans le dictionnaire): ce qui est doté de la plus grande énergie… L’énergie du désespoir… Alors, en traduisant desperat par désespéré, je fais du mot à mot ou bien je choisis l’ambiguïté? Ce n’est pas si facile à dire. C’est à la fois « le même mot » et un mot  qui veut dire plus.

L’adolescent incroyable qui éprouve un « énergique » désir de vie en humant le printemps à sa fenêtre un dimanche matin n’imaginait pas, sous la plume de Mircea Cărtărescu, susciter ce nouveau détour de ma pensée…

*

Ce matin avant la paperasse, j’ai réussi à traduire 5788 signes. 1686 seulement ce soir. Mon ressort à moi, mon impatience à moi, me propulse vers le large, maintenant qu’on retrouve la liberté de bouger. Je rêve de partir. Je voudrais retourner à Venise.

Rendez-vous demain, même heure. Et n’hésitez pas à laisser un commentaire!

 

Cliquez, vous défendrez avec moi les librairies de quartier!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.