Faire un flot et porter un tricot de corps

6 février 2020

J’ai été retenue toute la journée à l’extérieur. Enfin je me retrouve sous la lampe. Pas de musique, c’est le soir, il est tard.

p. 19, dans la maison pleine de silence, l’enfant parle seul. Il se met à neiger, la phrase en roumain resplendit d’une sonore allitération en f : …fulgii furioşi foşneau atît de tare… Heureusement, il est très facile de trouver la formule en français … les flocons furieux frottaient si fort… et j’ai même un f en plus pour prolonger l’effet des trois t de la version originale que je ne peux pas retrouver, eux… 

Le seul mot un peu délicat, c’est le verbe a foşni, qui signale un bruissement. La catégorie des bruits est si vaste ! 

Je ne sais pas pourquoi ce soir il me semble si important que l’on puisse entendre réellement les gros flocons contre le carreau. C’est peut-être parce que je pense aux hivers immenses que j’ai découverts en Roumanie en 1990.

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p. 20, je retrouve une expression qui est toujours aussi délicate à traduire : cu disperare. Contrairement à l’impression première, il ne s’agit pas de désespoir. C’est plutôt « à toute force », « à fond », « absolument »… 

Le petit enfant seul chez lui passe le temps avec trois petits jouets, Hubert le clown, un petit cheval et un chat en bois.  Vivement colorées, les trois figurines à hauteur du regard de l’enfant (dont j’imagine la tête arrivant juste au niveau du plateau de la table) semblent aimanter toute la couleur disponible à l’intérieur de l’appartement qui pâlit alors que la journée hivernale avance vers le soir.

Je tente « comme des perdus ». Le phénomène est personnalisé, les jouets sont les acteurs de cette phrase :  ils happaient comme des perdus les couleurs qui semblaient avoir disparu de tout autre objet.

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C’est la série des faux-amis. P. 24, les praline sont des berlingots, car les berlingots peuvent être remplis de quelque chose de fluide, alors que les pralines sont d’ordinaire formées sur une amande ou une arachide.

Je note tout ça au passage et je me dis que c’est peut-être dommage de ne noter que ces risques d’aspérités, ces questions résolues alors que le texte est d’une délicatesse extrême. Il est aussi fragile que la croûte en sucre du berlingot, tout en transparence et en finesse. 

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Retour p 28 de « Impudique mort » de Dagmar Rotluft !!! Quel canular que ce livre qui n’existe pas et qui pourtant hante les livres et les interviews de Mircea Cărtărescu !!! Pendant longtemps j’ai cru qu’il existait. Il existe dans l’imaginaire fertile de l’auteur. C’est peut-être dans un univers parallèle qu’un moteur de recherche serait capable de trouver cet auteur et son roman au titre qui fait tellement roman-photo.

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P. 33, il y a une magnifique vision qui parlera à tous ceux qui ont vécu cette époque où plein d’enfants jouaient et se battaient parfois au pied des immeubles. Le petit enfant n’arrive pas à rentrer chez lui après avoir emprunté le premier énigmatique pont nocturne.

Il lève la tête vers le balcon de leur cinquième étage, là où, se souvient-il, ses parents, comme les autres parents, se tenaient en tenue d’intérieur et surveillaient parfois, d’en haut, leur progéniture en train de jouer sur le béton ou l’asphalte.

Les pères étaient en maieu tetra : un maillot de corps en tricot, c’est-à-dire en côtes de coton (deux mailles endroit, deux mailles envers). J’aurais pu dire un marcel, éventuellement. Peut-être un peu trop un marqueur d’un univers typiquement français. Alors non. Si ça se trouve, en plus, c’est une marque déposée. Comme le nom roumain tetra.

Je me demande si on peut encore dire « porter un tricot de corps« . Je sais que moi, je dis ça. Mais je dois me garder de mes expressions sorties de mon enfance lorraine ! Combien de fois cela m’a joué des tours. Faire des flots (des nœuds de rubans ou des torsades de laine dans les cheveux), saisir la clenche (pour la poignée). Ce ne sont que quelques exemples… 

Tous ces mots que j’utilise, moi, et que je ne peux pas utiliser dans une traduction, je les utiliserai un jour là où ma liberté sera encore plus vaste. Dans un texte à moi. 

Je vais me coucher après avoir engrangé presque 22000 signes. Ça commence à fonctionner. 

La suite lundi, même heure

 

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Pour que le mot entre à sa place, il faut bien qu’il n’ait pas tout à fait la même dimension

5 février

J’ai fait le rêve suivant : Je montre un jeu d’emboitement de formes et je dis au public de la conférence : « ceci est une traduction ». Et j’ajoute avec force conviction « jamais au grand jamais la pièce qui s’emboîte ne correspond exactement à la forme qui l’accueille ». Et je pense, devant la révélation de cette phrase que je n’avais pas préparée : « pour que le mot convienne et entre à sa place, il faut bien qu’il n’ait pas tout à fait la même dimension ».

C’était une sorte de conférence de presse avec beaucoup de monde et, chose surprenante, il y avait des petits enfants avec leur accompagnatrice. J’ai voulu leur expliquer à eux aussi les choses. Je parlais beaucoup, c’était tout un discours très riche, très imagé, très posé et construit, devant des personnes qui souriaient et acquiesçaient et souhaitaient intervenir à leur tour.

 * 

 

Les passages entiers et passionnants sur les pièces de puzzle, c’était dans Solenoïde… D’où me vient ce rêve? Mais dans Les Ponts aussi, le petit enfant joue à assembler des « contes en morceau ». 

J’avance lentement. Mon esprit s’évade. Je passe plus de temps à rédiger ce journal de traduction, à écrire dans mon journal, à préparer des projets, qu’à rajouter des pages à la traduction de Melancolia. Depuis décembre je pense à un livre qui serait le fruit d’un voyage : je voudrais faire le tour des traducteurs de roumain en Europe. Une photo, un portrait, une discussion centrée sur les questions de traduction qui nous taraudent, les uns et les autres. Bien entendu, comme lorsque je parle de traduction, je parlerai de souffle, de pensées, je traverserai des histoires personnelles… Et puis l’itinérance en chemin de fer, sur cette toile de trajets: j’en rêve.

J’ai passé une partie de mon après-midi à modéliser sur une carte tous ces voyages ferroviaires entre des villes européennes et j’ai commencé à élaborer mon budget. 23 jours de trajets, des billets Pass. Je suis déjà en voyage, Sofia pour y voir Lora Nenkovska, Fredrikstad pour y voir Steinar Lone, Bilbao, pour discuter avec Maria Ochoa de Eribe, Leiderdorp, pour retrouver Jan Willem Bos… Et Rome où vit Bruno Mazzoni, Cracovie, où se trouve Joanna Kornas-Warwas… Et Arges en Roumanie, où l’anglaise Jean Harris a élu domicile, et Bucarest, où c’est l’italienne Clara Mitola qui s’est installée. Et puis Dusseldorf, pour rire avec Jan Cornelius.

Et ce n’est pas d’écouter l’album Sastipen Tali de Paco Fernandez qui me ramènera sur terre. Je suis loin, grâce aux accents flamenco, grâce aux voix rauques et aux guitares sèches. Il y a un morceau particulièrement beau où résonnent les sabots d’un cheval dans une cour inondée de soleil – ou pourquoi pas, à l’ombre des murailles blanches ourlées de bougainvilliers. Et tout ce que je pourrai écrire de plus ne sera jamais à la hauteur du vers de Baudelaire « la musique souvent me prend comme une mer ». 

*

Je suis restée suspendue dans cette bulle de rêve, au-dessus de ma traduction, lorsque je suis arrivée au verbe « lipăia », troisième personne du singulier de l’imparfait.

En réalité, c’est une phrase qui rassemble à elle seule trois difficultés : În bucătărie lipăia cu tălpile goale pe mozaicul de pe jos, în care văzuse mereu chipuri și construcţii ciudate, privea ţevile chituite roșu de sub chiuvetă, atingea câlţii ce se iveau din chit aspri și mânjiţi, privea dozele electrice din pereţi peste care trecuse neglijent bidineaua zugravului și aerisirile îmbâcsite de pânză de păianjen înnegrită.

 

Je me suis rendu compte que je ne devais pas confondre avec « lipa-lipa », un mot fait du redoublement d’une onomatopée et qui signifierait, selon les dictionnaires, « traîner les savates », autrement dit, « trainer les pieds ».

Mais… Mais le verbe a lipăi est défini de manière assez imprécise : « bruit caractéristique des pieds chaussés ou pieds-nus sur le sol » dit le dictionnaire.

En fonction du sol et de l’attitude corporelle, on conviendra que le bruit exercé par la plante de pied n’est pas le même. Frotter? traîner? claquer? Et quand il s’agit d’un petit enfant qui marche pieds nus sur le sol dur et lisse de sa maison?  Le « bruit » de la définition du dictionnaire est étrange. Des pieds nus sur le béton par exemple, quand le talon frappe durement, vont plutôt « résonner » au lieu de faire eux-mêmes un bruit.

Dans le vieux dico rouge de Frédéric Damé, a lipăi , c’est « clapoter ». Je n’ai pas fait le tour, je crois, de ce mot qui, chaque fois que je le rencontre, me demande de vraiment bien réfléchir au sens voulu par l’auteur.

Dans cette même phrase, le petit garçon marche donc pieds nus sur  « mozaicul de pe jos în care văzuse mereu chipuri și construcţii ciudate, »  : un sol qui a des motifs dans lesquels il avait toujours vu des visages et des constructions étranges. Mozaicul n’est déjà pas de la mosaïque, c’est certain. Ce type d’artisanat coûteux ne se rencontre pas dans les immeubles standards des années 70 tel que celui où l’enfant demeure.

Ce n’est pas non plus du carrelage, qui porte un autre nom en roumain.

Je vois assez rapidement un sol très lisse avec des inclusions de divers morceaux de pierre, de dalles. je suis aidée aussi par ma connaissance de ce genre d’appartements.

Désormais, aucune précision ne m’est plus d’aucune utilité. Ce qui comptera, c’est que l’on puisse comprendre, sans buter sur le passage, qu’il est aisé de voir des figures dans ce revêtement de sol…

Combien de temps ai-je tourné et retourné dans ma tête la façon de dire ça? Et tout ça pour ça? Pour choisir finalement d’écrire « ses pieds nus frottaient sur le sol mosaïqué »? Oui, des détours, j’en ai fait, mais cela valait le coup.

J’ai préféré ici l’imprécision au choix d’un terme certes précis mais plus technique comme « granito » ou « terrazzo » : il semble bien qu’un sol dur, lisse, contenant des inclusions de pierres de différentes tailles, formes et couleurs s’appelle un granito ou un terrazzo. 

Mais il était inconcevable pour moi d’inclure ce terme net et tranchant, au profil exotique en -o, dans cette phrase dont l’enjeu n’est pas la précision technique mais l’évocation. J’espère avoir réussi.

A la fin de la phrase, je voulais :

-éviter l’emploi d’un adverbe à rallonge : negligent, négligemment,

-faire comprendre qu’il ne s’agit pas de traces de peinture mais d’enduit à la chaux, car le « zugrav » qui pratique la « zugraveala » travaille avec un mélange (d’ailleurs naturel) de lait de chaux et de pigments,

-enfin, l’auteur l’écrit clairement, si les boitiers électriques sont brossés de badigeon, c’est parce que le badigeonneur a travaillé à la va-vite, sans soin.

«… dozele electrice din pereţi peste care trecuse neglijent bidineaua zugravului » donne « …les boitiers électriques brossés de chaux par négligence du badigeonneur… ». 50 signes en roumain, 47 en français, je ne m’en suis pas mal sortie.

Mais surtout, ce bout de phrase insignifiant qui m’a donné du fil à retordre m’a beaucoup appris sur ce que je sais de la société roumaine pour y avoir vécu, et ouvre une fenêtre sur un aspect incontournable de l’époque, dans les sociétés communistes à l’Est: le travail bâclé, le à peu-près, le « ça ira bien ». C’est important de le savoir.

 

A suivre, demain même heure

 

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La table jaune, le lit tapissier jaune

La suite du Journal de traduction de Melancolia

4 février 2020

Je tourne la page  (je commence à la vitesse de l’escargot!) et je retrouve la difficulté de traduire « studio » ! Je me souviens que j’ai voulu écrire une note dans le Journal de Solénoïde et que je ne l’ai pas fait.

La langue roumaine, on le voit bien, c’est tellement facile. Un studio, c’est un studio, et pour faire la différence entre un studio d’étudiant et un studio d’enregistrement, il n’y a qu’à se fier au contexte. Pas de quoi fouetter un chat.

Mais si. Enfin, il y a matière à discussion. J’explique.

Quand l’auteur parle de « studio », de « lada studioului » ‘ »coffre » ou « boîte » du « studio »), c’est parce qu’un enfant s’y cache, ou bien se tient juché dessus afin de pouvoir regarder dehors. D’autres fois, le personnage, comme dans Melancolia, tombe dans des rêveries labyrinthiques à force d’observer de près le tissu tapissier aux motifs fleuris du « coffre du divan »… Souvent, le petit enfant se cache dans le « coffre », au creux de la couette qui s’y trouve rangée. Souvent aussi, le héros pose son livre « sur le coffre », dont on comprend qu’il doit donc se trouver à portée de main…

Ce coffre, ce divan, ce lit qui semble bien ne pas ressembler aux lits que l’on connaît donne du fil à retordre aux traducteurs. Il y a des fois où ce n’est vraiment pas important de savoir avec précision dans quel type de lit ou de divan le héros passe ses journées. Mais, très souvent dans l’œuvre de Mircea Cărtărescu (notamment dans Orbitor et dans Solénoïde), il vaut mieux comprendre. C’est aussi le cas dans Melancolia.

Arrivée à ce point de mon développement, je pense de quelques images vaudront plus, pour une fois, que toutes les explications:

 

Ce sujet me passionne. 

Je vois dans la présence de ce meuble comme un fait d’histoire de la vie quotidienne de la société roumaine. Je ne sais pas quand a été inventée cette pièce de mobilier. J’y vois une création adaptée à l’exiguïté des pièces de vie où l’on devait, aussi, dormir. C’est pour cela que c’était pratique d’avoir, derrière l’abattant, un grand espace où rouler toute la literie, drap de dessous, couette, oreillers, afin de profiter du divan pendant la journée. J’y vois aussi un meuble-cocon destiné à protéger le ou les dormeurs du froid glacial provenant du mur. Une sorte de développement dans la modernité de l’habitude rurale et archaïque (mais qui revient à la mode, j’ai vu ça dans des intérieurs chics!) de clouer au mur une tapisserie en laine.  

Une brève recherche dans les textes littéraires m’a conduit à trouver ce meuble chez Radu Cosaşu, chez l’auteure de romans policiers Rodica Ojog Braşoveanu (qui a écrit une fabuleuse sage historique avec un personnage récurrent), ou chez Adriana Bittel, romancière et nouvelliste.

Mais c’est chez Mircea Cărtărescu que ce meuble est le plus présent. J’ai compté 5 occurrences dans Solénoïde. Et dans Melancolia, on le retrouve dans la première nouvelle, Les Ponts, aux pages 22, 28. Puis aux pages 31-32 et enfin à la page 52.

Je n’ai pas pu faire l’économie d’une traduction explicative. A la page 28 (p. 33 de l’original), j’ai donc écrit  « Ils étincelaient jusqu’à la dissolution dans la lumière, l’armoire jaune, la table jaune, le lit tapissier jaune, avec son abattant tapissé jaune derrière lequel on rangeait les draps. » 

C’est évidemment un peu plus long que l’original Străluceau până la dizolvare­n lumină șifonierul galben, masa galbenă, studioul galben, lada galbenă de la studio ; mais au moins on voit, j’espère, ce qu’il faut voir.

Ce qui compte finalement, c’est que je suis enfin à peu près contente de la manière dont les mots roumains deviennent français lorsqu’il s’agit de présenter cette réalité peu connue  (peu connue en dehors de Roumanie, ai-je l’impression – mais que les lecteurs des pays de l’Est n’hésitent pas à me dire en commentaire si ce type de lit existe dans les pays voisins!). 

Innocent, presque anodin, ce « studio » est la parfaite liaison entre les deux journaux de traduction, celui qui est né avec Solénoïde et celui-ci, que je commence à écrire en même temps que je traduis Melancolia.

 

A suivre, demain, même heure

 

 

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Journal de Melancolia, une traduction en confinement

Depuis quelques jours, Melancolia, le nouveau livre de Mircea Cartarescu est en librairie, publié par  les éditions Noir sur Blanc  (cliquer sur leur nom pour accéder à la page du livre sur leur site) et l’ouvrage est accueilli par une belle presse!  Vous pouvez retrouver tous les articles parus sur cette page de mon site, accessible sous le menu mes Traductions en cliquant ICI .

Aujourd’hui, je commence la publication de mon Carnet de bord, de mon journal de traduction. Entamée le 3 février 2020, cette traduction m’a menée jusqu’en juillet et a été marquée par l’irruption du confinement.

J’espère que ces réflexions et notes, sur une traduction une fois de plus passionnante, intéresseront les lecteurs de La Part des Anges.

Bonne lecture!

 

3 février 2020

Ça y est, j’ai reçu le nouveau livre de Mircea Cărtărescu ! Je le tourne entre mes mains, j’aime beaucoup sa couverture rigide, sa jaquette en papier relief, toute en dégradés de gris sur un fond crème, et son titre, Melancolia, en orange, qui est aussi l’orange des pages de garde. J’ai mon contrat des éditions Noir sur Blanc, j’ai aussi le PDF des deux nouvelles, La danse et La Prison, qui forment le prologue et l’épilogue des éditions en traduction : tout y est, je vais pouvoir commencer mon travail.

En réalité, j’ai entamé la traduction dans ma tête, dès le premier contact avec le livre, il y a quelques semaines. J’ai lu les trois nouvelles en retenant mon souffle, entre le frisson de mes sens et la peur de comprendre. Les Renards, nouvelle centrale, m’a terrifiée. Elle est réellement d’une terrifiante beauté. Elle plonge au cœur même de ce que peut être une relation fusionnelle entre un frère et une sœur : l’amour qui va jusqu’au sacrifice. Et puis, j’y trouve l’auteur dans une parcelle de ce qu’il a de plus intime et que son écriture charrie depuis les origines en la magnifiant à la fois. Hâte d’entrer dans la chair pulsatile de ce texte.

On est le 3 février 2020, c’est un lundi, j’entame Les Ponts, la première des trois nouvelles composant le Melancolia publié en Roumanie. J’écoute Gramme, un son qui vient des tréfonds de la mémoire, traversé par les lumières des phares d’une longue virée nocturne en écoutant radio Nova. Comme cette nuit-là, je ne sais pas encore quels tortueux échangeurs je vais emprunter pour arriver au bout de la route.

A suivre, demain, même heure

Bien ensemble – Laure Hinckel, traductrice, pendant et après le coronavirus

 
Voilà, c’était ma façon de répondre à ces questions posées par Iulia Badea-Guéritée, de l’Institut culturel roumain de Paris, que je remercie pour l’invitation.
Je m’insère ainsi dans une magnifique série d’entretiens, après les amis Matei Visniec et Cristina Hermeziu, et aux côtés de nombreux musiciens et artistes.  
J’espère qu’il y aura des commentaires pour me dire si vous partagez ma vision de cette période difficile.
Et puis il y a peut-être parmi vous des admirateurs des « Lettres à Olga »? Et des lecteurs de la revue AOC? Dites-moi tout!