Le n°67 de Bibliothèque(s) dédié à la Roumanie

Le lundi 18 mars, venez nombreux à l’Institut culturel roumain à Paris pour assister à une discussion publique : Philippe Levreaud, rédacteur en chef du mensuel Bibliothèque(s) présentera le numéro de mars entièrement consacré à la Roumanie.

Nous serons plusieurs à venir vous présenter ce très beau travail. Deux spécialistes de la BnF, Cristina Ion qui a coordonné ce travail et Rodica Paleologue. Sebastian Reichmann, écrivain et traducteur du roman de Simona Popescu (à paraître en 2013 chez Non Lieu), Traian Sandu, historien Paris-3 Sorbonne Nouvelle et Matei Visniec, dramaturge, poète et romancier.

Regardez ci-dessous deux extraits du Sommaire… Cela donne envie!

Bibliothèques

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Institut Culturel Roumain
1 rue de l’Exposition
Paris 75007

Invitation au lancement du roman Le Grand Dépotoir

dépotoir

Lundi soir à Paris, à 19h30.

Vous êtes attendus pour le lancement de ce roman exceptionnel.

Venez rencontrer l’éditeur et découvrir ou redécouvrir l’Institut culturel roumain!

C’est le moment idéal, puisque la littérature roumaine sera à l’honneur au Salon du livre en 2013!

La Roumanie sera à l’honneur en 2013

La Roumanie sera l’ invitée d’honneur du prochain Salon du Livre de Paris, entre le 22 et le 25 mars 2013…

Ce blog légèrement endormi pour cause d’intense travail se fera l’écho de la préparation de ce Salon. Le CNL, par son président Jean-François Colosimo m’a demandé d’assumer le rôle de conseillère littéraire de cette édition… Dois-je préciser que j’en suis honorée? Tous les lecteurs de ce blog de traduction comprendront aisément.

Du côté des traducteurs, c’est l’effervescence. 25 ouvrages environ sont en cours de traduction ou d’impression, dont une quinzaine de romans! Quatorze traducteurs et traductrices font une croix sur leurs vacances estivales pour vous offrir cet hiver et au printemps prochain de quoi vous faire enfin une opinion sur la littérature produite dans ce pays plutôt mal connu.

J’ai une conviction : cet honneur fait à la littérature roumaine ne représente que le début d’une reconnaissance. Pour apprécier une littérature étrangère, encore faut-il pouvoir en apprécier la diversité, en connaître les auteurs, non? Comment se faire une idée de la vivacité d’une culture quand on ne publie péniblement que quatre ou cinq traductions par an, dont une petite partie seulement d’auteurs contemporains?

A bientôt donc, pour parler romans, essais, théâtre…

Pour ma part, je retourne à la traduction de mes ouvrages en cours!

 

Le Figaro littéraire : une enfance pieusement léniniste

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Paru aujourd’hui, 8 mars 2012, dans Le Figaro littéraire, sous la signature d’Astrid de larminat.

Morceaux choisis :

« Un joyau littéraire nous arrive de Moldavie, le premier roman d’une sorte de génie polyvalent. »

« Cette oeuvre polymorphe -poétique, romanesque, dramatique- témoigne d’une enfance soviétique dans un univers immense mais étouffant. »

« …il y a quelque chose de mystérieusement radieux dans l’univers du moine Savatie Bastovoi »

La Vie : 1, rue Lénine le moine est écrivain

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L’hebdomadaire La Vie publie aujourd’hui un grand reportage signé Marie Chaudey. Huit pages illustrées avec les photos de Lionel Charrier, un des fondateurs de l’agence Myop et co-organisateur d’un festival photo à Tbilissi…

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Les journalistes et moi avons passé deux magnifiques journées  avec l’auteur qui est retourné, à notre demande, et pour la première fois depuis plus de vingt ans, sur les lieux de son enfance. L’école, la bibliothèque, les collines. Et le monastère..

Je n’en dis pas plus pour vous laisser le plaisir de la lecture.

Bonne découverte!

Les lapins ne meurent pas, chez le blogueur D. Fattore

Daniel Fattore  publie sur son blog littéraire une très bonne critique du roman de Savatie Bastovoi.

Si vous ne connaissez pas Daniel Fattore le blogueur, je vous invite à corriger cette erreur gravissime…

Bonne lecture!

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Culture pope

Titre ingénieux, sous la plume de Sylvain Tesson aujourd’hui dans Le Point, pour évoquer le roman de Savatie Bastovoi!

Le point 9 fevrier 2012

Le Monde : Une ode aux enfants soviétiques devenus grands

Lemonde papier

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Et pour épargner vos yeux… La version du site internet du Monde

De la petite République de Moldavie, ex-confetti de l’empire soviétique et soeur siamoise de la province roumaine du même nom, on ne connaît en France que de rares écrits. Le violent poème Km 7 de la dramaturge Nicoleta Esinencu a été publié, l’an dernier, dans le recueil collectif Odessa Transfer. Chroniques de la mer Noire (Noir sur Blanc). Quelques romans en langue roumaine ont été traduits en français : Je suis une vieille coco, de Dan LunguChewing-gum, de Lucian Teodorovici, ou Pas question de Dracula, de Florin Lazarescu (tous trois chezJacqueline Chambon). Mais ces trois auteurs sont d’Iasi, ils sont des « Roumains de Roumanie »…

Savatie Bastovoi, lui, est né à Chisinau, la capitale de la Moldavie. Les lapins ne meurent pas est donc le premier roman moldave publié en français – le premier depuis l’indépendance (1991) de ce pays déshérité. On y trouve des lapins, bien sûr, mais aussi beaucoup de forêts et pas mal de Lénine. Le héros est un gamin de la campagne, un écolier des années 1980, époque où les gentils soldats de l’Armée rouge « fraternisent avec les gens simples d’Afghanistan », qui leur racontent« en faisant des signes » l’inhumaine « cruauté du capitalisme », ce « corbeau noir » qui rêve d’écarteler la « colombe de la paix ».

Né en 1976, Savatie Bastovoi a connu cette époque. Son père, professeur de philosophie, lui a inculqué – non sans succès, dans un premier temps – ses propres convictions d’athée scientifique. Mais le futur écrivain, qui a fait une partie de ses études à Iasi et une autre à Timisoara, dans la Roumanie de Ceausescu, a probablement lu Cioran et, très certainement, Ionesco. Sa manière de restituer la propagande stalinienne, martelée dans les écoles tant moldaves que roumaines, n’est en rien dogmatique : elle relèverait plutôt de la poésie de l’absurde. Le titre du roman est d’ailleurs extrait d’un des dialogues, ubuesques et farfelus, entre le garde forestier Makarici et une figure imaginaire de Vladimir Ilitch (Lénine), les deux personnages se disputant avec véhémence au sujet des lapins et de leur nature présumée éternelle. C’est qu’on se bagarre sans cesse, dans ce livre. Contre sa propre conscience, le plus souvent.

Sasha, héros principal du récit, est un élève malheureux : à travers ses efforts maladroits (et vains) pour « bien faire » à l’école, se révèlent la brutalité et la grossière inattention à l’égard des enfants, dont font preuve les enseignants d’alors, effrayants gardes-chiourmes à la taloche facile. Bastovoi a lui-même souffert de l’arbitraire des adultes quand il était lycéen : à la demande d’un enseignant, le jeune Stefan (il prendra plus tard le prénom de Savatie) a été interné dans un hôpital psychiatrique. Il a tiré de cette expérience un recueil de poèmes, « Un Valium pour Dieu » (non traduit), dont la publication lui apportera un début de notoriété. Le jeune héros de son roman, lui, sait à peine écrire.

Enfermé dans la pauvreté de sa langue, Sasha ne trouve de paix que dans la forêt. Il s’imagine que Dieu y a taillé, en douce, une échelle secrète pour monter au ciel. Mais ses rêves tournent court. Roman sombre, Les lapins ne meurent pas est dédié aux « enfants soviétiques devenus grands ». Il diffuse pourtant une puissante lumière : celle d’une écriture formidablement charpentée et fine. En témoignent les courts passages, qui viennent s’incruster, telles des énigmes, dans le récit principal : une petite fille et son père marchent dans la campagne et, dans leurs yeux, on contemple « un large horizon de fleurs jaunes et orange, dont les feuilles descendaient jusqu’au sol, douces comme des bonbons ». Devenu prêtre en 2002, Savatie Bastovoi vit dans un monastère ; il dirige une maison d’édition et enseigne l’iconographie au séminaire de théologie de Chisinau.


LES LAPINS NE MEURENT PAS (IEPURII NU MOR) de Savatie Bastovoi. Traduit du roumain (Moldavie) par Laure Hinckel. Jacqueline Chambon, 300 p., 22 €.

Catherine Simon

 

Savatie Bastovoi dans Le Canard Enchainé

Bastovoi Le Canard Enchainé

Article publié dans l’édition du mercredi 4 janvier 2012, jour de la parution du premier roman de Savatie Bastovoi.

Traduction à l’Esperluette – Cartarescu et Strindberg

Une tonitruante rencontre aura lieu mercredi soir à 19 heures à l’Esperluette, la jolie librairie du centre de Chartres!esperluette.JPG

 

Deux écrivains, deux Europe, deux époques, deux traductrices portant leurs textes : c’est à cette rencontre que nous convie Olivier L’Hostis le libraire. (cliquez sur le lien pour entendre un entretien video sur le site de l’Echo Républicain -c’est très intéressant car on voit un vrai libraire à l’oeuvre).

Voici l’invitation envoyée aux lecteurs par ses soins :

« L’Esperluette vous invite à une rencontre découverte, en compagnie de Elena Balzamo et de Laure Hinckel, des littératures méconnues des pays de l’est de l’Europe et de Scandinavie.

Traductrices, elles évoqueront également leur métier, et le rôle qu’elles ont dans la diffusion de textes de ces pays. Très au-delà de la simple traduction (si tant est que ce soit simple), elles écrivent, lisent, découvrent et défendent des auteurs auprès d’éditeurs français. Et auprès de vous, afin que vous ayez le plaisir de lire des auteurs de grande littérature pas toujours très médiatisée, classique et contemporaine.

Elles vous donneront d’autres envies de lire mercredi 3 février, à 19h à la librairie. »

 

La rencontre permettra de connaître mieux deux ouvrages parus très récemment:

 

Le premier tome de la monumentale correspondance de Strindberg – voir sur le site des éditions Zulma la présentation du personnage et de l’oeuvre. Ce travail a été fait par Elena Balzamo, traductrice chartraine d’adoption – je crois qu’elle nous dira mercredi soir qu’elle y a passé plusieurs années et que son travail de recherche sur la correspondance est inédit dans le propre pays du dramaturge, romancier et nouvelliste suédois. C’est dire l’importance de son travail.

 

Le roman de Mircea Cartarescu, L’Aile tatouée, aux éditions Denoël. Vous savez, vous qui lisez ce blog régulièrement, que cette écriture aux riches reflets m’a portée pendant plus d’une année.

Voici un extrait de la critique parue dans Les Inrockuptibles (n°726) : « Taillé dans le même marbre que les récits de Joyce et Pynchon, L’Aile tatouée a cet éclat des romans à facettes. D’où l’étrange et grisante sensation pour le lecteur de voguer d’une perception à l’autre, dans la multitude des champs visuels que déploie le roman. »

Et  le début de l’article de Bernard Fauconnier dans Le Magazine littéraire : « L’ Aile tatouée clôt la trilogie d’Orbitór, commencée par Mircea Cartarescu il y a quinze ans avec L’Aile gauche. Ce troisième volume, éblouissant, hisse l’auteur roumain au zénith de la littérature européenne. Le corps d’un papillon est un univers à lui seul, comme ce roman initiatique, symbolique, réaliste, spéculaire, philosophique, poétique, et bien d’autres choses encore, écrit, et magnifiquement traduit, dans une prose savante, populaire, lyrique, comique, triviale – mélange de styles, de tons, de niveaux de langue qui réserve de longs moments de délectation. »

 

A mercredi!

L’Echo Républicain : Profession traductrice

 

Que font deux traductrices quand elles se rencontrent?
Elles parlent de traduction!

Et quand elles le font devant un public attentif, curieux, qui pose des questions…elles dévoilent des aspects intéressants de leur travail.
La salle d’exposition de la librairie L’Esperluette à Chartres était pleine à craquer mercredi soir pour la rencontre croisée entre Olivier L’Hostis, Elena Balzamo et moi. La soirée fut belle.
Personnellement, j’ai beaucoup aimé le moment où Elena Balzamo a choisi, à la demande d’Oliver L’Hostis, une des lettres de Strindberg. La traductrice a lu une missive que l’auteur suédois envoya à ses parents alors qu’il n’avait que 9 ans (à l’époque, c’était chose commune, que d’écrire à ses parents même bien avant cet âge-là). Quelques paragraphes charmants qui ne laissent pas augurer du caractère de chien qui sera celui de l’auteur adulte… Puis une seconde lettre, rédigée à 12 ans à l’adresse de son frère et dans laquelle tout son talent de futur dramaturge éclate de manière évidente. Il faut lire cette fameuse lettre annonçant au frangin le décès de leurs parents…
Puis on m’a demandé de lire un passage de L’Aile tatouée. J’ai choisi d’illustrer la vision de Cartarescu qui se souvient de l’enfant d’une dizaine d’années qu’il était et qui rêvait, observant l’interieur d’une télévision tombant très souvent en panne et que le réparateur venait opérer sur la table de la salle à manger : « une fois le dos retiré, c’était une ville étrange qui nous était dévoilée, fascinante (…) Des terrasses et des esplanades chargées de constructions de verre fumé, chacune bien fixée sur son socle. Des coupoles étincelantes, des réseaux de câblage souterrains, des piliers de céramique où luisait le code des couleurs, des mécaniques compliquées  avec un coeur de ferrite (…) Dans la ville sous la carcasse de contreplaqué existaient sans doute des bâtiments et des coupoles où les services secrets avec de minuscules fonctionnaires contrôlaient le trajet de chaque quantum d’énergie, sculptant l’information d’après des critères occultes, modelant et modulant ses méandres jusqu’au méconnaissable. Jamais entre l’esprit et le monde n’avait existé un intermédiaire aussi rusé, traitre et empoisonné, une fenêtre vers les choses aussi semblable à un hachoir. »

Un autre extrait ici, mis en ligne par les éditions Denoël.

Et voici l’article publié vendredi 5 février dans l’Echo Républicain :IMAGE0001-copie-5.JPG

L’Aile tatouée: décryptage d’une traduction

 

Découvert aujourd’hui sur le site du Courrier des Balkans la traduction (par Ramona Delcea) d’un entretien publié dans la revue bucarestoise Dilema Veche!
L’interview avec Cristina Hermeziu a été réalisé dans le courant de l’été, juste avant la publication de L’Aile tatouée chez Denoël. Read More