Littératures européennes – Cognac

 

Littératures européennes – Cognac

Par Laure Hinckel dans Blog 25 Nov 2008

Vive les critiques qui lisent les livres!

« Voyage au coeur de la société » : avec un intitulé pareil, tout était possible, et surtout le pire. Heureusement, Eric Naulleau fait partie de ceux qui, dans la profession et même loin des sunlights lisent réellement les livres des auteurs qu’ils reçoivent.

Ce fut évident, dimanche, au dernier jour de Littératures Européennes, à Cognac. Alors, exit les questions bateau. Pas trace de généralisation à outrance.

Réaction de Dan Lungu à l’issue de la rencontre: « la question de la nostalgie paradoxale, qui est au coeur du roman Je suis une vieille coco !, a très rarement été si bien perçue, même en Roumanie ».

Bien entendu, j’étais aux premières loges (tout à côté de Dan et juste un peu en retrait) pour apprécier le canevas serré des questions, qui toutes faisaient mouche et donnaient loisir à l’auteur de répondre. Un vrai plaisir, d’avoir à traduire des réponses intelligentes, directes et franches. Comme on dit, « à bonne question, bonne réponse ».

 

Le regard du modérateur était tout aussi aigu pour interroger Patrick Pesnot (Les secrets de la Françafrique) et Adriaan Van Dis dont Dan Lungu et moi-même étions flanqués sur scène.

Le Promeneur de M. Van Dis vous paraîtra encore plus savoureux, quand vous saurez pourquoi le romancier a imaginé un chien pour mener son personnage dans l’envers du décor parisien… Adriaan Van Dis a un Nez. Il fait partie de ces personnes qui ont un sens de l’odorat particulièrement développé. Alliée dans le même homme à une vaste culture, à une grande courtoisie, à une éloquence pleine d’humour et toujours subtile, cette perception-là donne une nouvelle dimension au monde. Dans un livre, promener un chien qui fourre sa truffe partout, c’est une manière de se trouver « au cœur de la société ». Renifler la merde et la beauté, cela a déjà été fait. Mais, comme dit Baudelaire…

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