Fourmilion des mots, je tourne et creuse le texte

Une année de traduction de Solénoïde. La suite de mon journal

Le chapitre 38 est le récit d’une relation qui tourne au cauchemar après un début idyllique. Le narrateur a formé un couple avec Ştefana mais la folie envahit l’esprit de la jeune épouse, soudain « changée en quelqu’un d’autre ». A la fin du chapitre, le narrateur écrit « le contact s’est produit » : en effet, sous ses yeux s’est rejouée la scène emblématique des petits enfants et de l’échafaudage (c’est un des premiers chapitres). On se souvient, les enfants avaient pris l’élévateur posé contre le mur aveugle (ah, les murs aveugles dans l’oeuvre de Mircea Cartarescu!). Petit enfant à la mine barbouillée, le narrateur avait regardé à l’intérieur de la mansarde de la maison et son regard avait plongé dans celui d’une femme qui, étrangement, le regardait. Il n’y avait pas plus de précisions au sujet de cette femme dont on ne savait pas pourquoi elle se trouvait là. Ici, au terme d’une crise de couple et d’une crise de la stabilité mentale, il suit sa femme Ştefana et il est stupéfait de la voir entrer dans la fameuse maison,  celle du souvenir, monter à la mansarde et se tenir à la lucarne. Là, elle tend la main à un petit enfant, lequel n’est autre que lui-même – lui-même à l’autre extrémité du temps que l’on voit ici retourné dans une figure impossible.

J’entre dans un chapitre difficile et très beau. Les questions de temps, de temporalité sont toujours difficiles à manier en traduction.

Le dernier paragraphe du chapitre contient le sublime vers de Mallarmé « ses purs ongles très-haut, dédiant leur onyx », citation révélatrice du type d’amour glacé que le jeune narrateur éprouvait pour sa première épouse et symbole de l’absence de communication entre ces deux  êtres. Je suis bouleversée par ces pages qui relatent le violent effacement d’un lien amoureux. Surtout parce qu’il est marqué par l’atténuation sensible de la raison de Ştefana. C’est la deuxième fois que l’auteur cite le poème de Mallarmé. La première fois si je me souviens bien, c’était au sujet de la statue meurtrière, dans la Morgue. Ici, ces quelques mots illustrent la figure étonnante de la Ştefana présente et passée. Maintenant que je l’ai lu, il me faut le traduire. Parfois je regrette de ne pas plonger directement dans la traduction du texte pour le découvrir au fur et à mesure. 

Page 622, ah, le casse-tête renouvelé du mot pervaz ! Employé tantôt pour rebord, tantôt pour chambranle (mais rarement), tantôt bord étroit ou alors large… Grrr, tout ce que j’y vois, moi, c’est l’étymologie que j’imagine pour moi seule; per vaz, qui signifierait pour voir, donc fenêtre, appui de fenêtre…  à quoi les puristes de la langue française diront que la fenêtre ce n’est pas le châssis, ni la maçonnerie qui le porte…

20 octobre

Hier soir j’ai fini le chapitre 38, la page 632. 

Encore le 39 et j’arrive à la 4ème partie. Il est 7h30, on est samedi, je m’y mets.

Je suis à la page 636 et j’ai strania ei instrăinare… Comme elle est belle, l’allitération!  …son étrange… « étrangeté« ? Mais non, car instrăinare, signifie éloignement, exil, aliénation (au sens de privation de quelque chose) pas étrangeté. Que faire? Privilégier l’allitération, et donc conserver étrangeté mais en rajoutant « progressive », histoire de donner l’idée de l’éloignement? Ridicule, lourd et laid. Pas la peine de rallonger ce texte déjà touffu. Vraiment, je fais quoi? Elle a de la veine, la collègue espagnole, parce que le mot éloignement, exil, distanciation semble bien dire, chez elle, extranamiento!  C’est pratique, l’allitération y est.

Je traduis le roman d’un poète, d’un romancier qui écrit au son que ses mots produisent (je suis certaine que sa propre voix résonne fort dans sa tête pendant qu’il écrit, à la manière d’un barde ancien !) mais je suis obligée de choisir ici le sens…  Étrangeté n’a pas le sens fort que le mot étrange avait à l’origine, quand il pouvait être synonyme d’étranger

Il faudrait qu’existe le mot étrangerie

Comment c’est étrange. Je viens de taper étrangerie sur le moteur de recherche… et je découvre qu’étrangerie existe bel et bien, mais dans le dictionnaire du Moyen français! Vais-je céder à cette « baroquerie »?

[EDIT] Après quelques hésitations, sans doute lasse de chercher, j’enverrai la version finale en osant « étrangerie ». Bien entendu, j’ai bénéficié de la lecture raisonnable de mon éditeur qui m’a conseillé « étrangeté ». J’aurai donc, finalement, préservé dans cette phrase le jeu des allitérations. Sans doute dois-je me dire, pour me consoler de la perte de cette substantielle part que je laisse aux anges (la perte de l’idée d’éloignement, d’éloignement progressif), que le lecteur français est déjà très sollicité par cette « étrange étrangeté »…

A la réflexion, heureusement pour mon égoïste besoin de trouver le mot qui convient, existe la notion de « sentiment d’étrangeté », un trouble mental qui pourrait peut-être s’appliquer à Ştefana, car dans ce cas le malade s’éloigne de sa réalité personnelle, se perd de vue en quelque sorte, et devient étrangement étranger à lui-même… Contre toute attente, c’est ainsi que je retrouve un peu du sens du texte original, là où je croyais avoir parfaitement échoué… Parfois j’ai vraiment l’impression de rattraper les mots par la peau du cou.

28 octobre

Je suis très enrhumée, je vois double, mais j’avance. A marche forcée. Heureusement, le compte maniaque du nombre de signe et des pages traduites par jour, qui se manifeste sous la forme de grands chiffres gribouillés dans le livre et sur mon agenda, ne m’empêche pas de passer et de traverser en tous sens la mousse dense et lumineuse du récit. Je note, je remarque, j’écris, je travaille.

____________

Cette note, ce matin : depuis l’Odyssée d’Homère (chant XIX) on distingue les songes vrais qui sortent des Enfers par la porte de corne, des songes illusoires qui traversent la porte d’ivoire.

Car il est question de porte en corne et de porte d’ivoire, à la p. 677, dans ce chapitre 41 qui est un retour sur la « noire épiphanie » des dessins de Nicolae Minovici… Et un retour à la bibliothèque de l’Université où le narrateur recherche, cette fois-ci non plus Le Taon mais Le manuscrit de Voynich. Lequel ne s’y trouve pas, bien entendu. En revanche, c’est devant le catalogue papier de la bibliothèque (les milliers de fiches cartonnées, rangées dans les profonds tiroirs où elles sont montées sur une tige qui les y maintient, bientôt sans doute un très ancien souvenir d’un monde révolu), que commence un jeu de piste le menant chez un vieil homme dans lequel il tarde à reconnaître le bibliothécaire de quartier évoqué à de nombreuses reprises dans ses souvenirs d’enfance. Le vieux Palamar lui raconte l’histoire du Voynich et lui en prête une copie.

29 octobre

Où je découvre l’existence sur notre terre du fourmilion. Autrefois nommé, chez Balzac par exemple, formica-leo. Comment il tourne en rond et forme inlassablement son cône de sable. Un anti-Sisyphe. Grande est la création, infinie est notre ignorance.

30 octobre

Puceron lanigère!

31 octobre

Beauté des textes littéraires qui s’entrecroisent et se mettent en valeur. L’autre jour, quelques mots de Baudelaire, un de ses poèmes en prose qui m’ont accompagnée pendant si longtemps après l’adolescence. Ce soir, trois mots de Rilke, ses Élégies, l’ange et aussitôt, de nouveau, Kafka. Bonheur de la lecture ce soir, en ce 31 octobre, alors que des silhouettes passent dans la rue, sympathique carnaval d’automne. Il y a une heure, j’ai ouvert à une licorne. Elle m’a tendu son sac ouvert et elle est repartie, sa corne clignotant sous les lampadaires.

5 novembre

SIGNA TE, SIGNA, TEMERE ME TANGIS ET ANGIS

Signe-toi, signe-toi, tu m’affliges et me tourmentes sans nécessité. Pas le premier palindrome dans l’oeuvre de Mircea Cartarescu. In girum imus nocte ecce et consumimur igni sert de leitmotiv dans Orbitor III, L’Aile tatouée.

 

Difficulté de traduire « salon » d’hôpital… et donc de traduire ceci : « pas un salon, plutôt une chambre… »

6 novembre

Ce besoin de la langue roumaine de dire marcher « sur le sol », hors de tout contexte de lévitation ou de claquettes virevoltantes sur les murs…. Je sucre. J’allège. Obligatoire. Négociations traductives.

La distance entre une langue maniée avec à peu près et l’usage de la bonne formule idiomatique se mesure en instant gore. Comparez :

Il a pris sa tête entre ses mains

et

Il s’est pris la tête entre les mains

P. 728, bon exemple de part des anges : Ispas dit que s’il était revenu de son enlèvement au ciel avec la recette pour vaincre toutes les maladies, il aurait « tout dit, tout, sans sous, sans argent ». C’est une allusion très fine aux saint anargyres, les saints thaumaturges « sans argent », c’est-à-dire désintéressés, ne réclamant aucune rétribution dans l’exercice de leur art. 

7 novembre

P. 743, là où je retrouve le zaïmph longtemps oublié mais qui résonnait comme quelque chose de très ancien, quelque chose de connu : c’est le voile décrit dans Salambô. Et soudain les effluves de cette lecture aurorale éclairent le jour pluvieux.

A suivre. C’est bientôt la fin

Le faux rêve d’une Brasilia-sur-Dâmboviţa

Une année de traduction de Solénoïde. La suite de mon Journal

4 octobre 2018

Je viens de finir dans un souffle le chapitre 36. Il y a dans ces 14 pages un élan incroyable. C’est paradoxal, parce qu’elles contiennent une sorte de résumé du parcours du narrateur et de ses « anomalies ».  Mon exemplaire est tout coloré de passages dont je pressens qu’ils me seront très utiles par la suite. Ils sont essentiels. C’est sans doute un des tournants du livre, une de ses planches de rebond :

« Je peux témoigner de mes premiers souvenirs, du frère qui en est absent, du jour où maman m’a abandonné à l’hôpital impossible à localiser et où je me suis réveillé, sur une table d’opération, sous les étoiles. Je peux parler de mon incompréhensible sentiment de prédestination. Des docteurs et des dentistes qui ont torturé mon enfance. Du livre qui m’a littéralement fait fondre en larmes alors que je n’y comprenais strictement rien, quand j’avais douze ans, et qui est Le Taon, d’Ethel Lilian Voynich. De ma redécouverte du roman de carbonari et de conflits freudiens, plus tard, à la bibliothèque de la faculté de Lettres. De mon énorme étonnement quand Goia m’a parlé de la famille Boole et des cinq filles prodigieuses du grand mathématicien, et du trouble que le jeune homme blond, amoral et génialoïde, ami de Lewis Carroll, produisit dans cette famille, brisant sa géométrie logico-mathématique, faisant voler en éclats ses principes victoriens et inoculant leurs esprits de la folie télescopique de la quatrième dimension : des mondes dans des mondes, du profond à l’élevé, alignés sur une spirale asymptotique d’une majesté que le pauvre ganglion incarcéré dans nos crânes ne pouvait étreindre. Comment ne pas croire que la succession Le Taon – Boole – Hinton est bien un signe, une trajectoire exemplaire, une carte de ton vaste plan d’évasion ? Et comment considérer comme un hasard le fait qu’Ethel s’est mariée finalement avec celui entre les mains duquel est arrivé, au terme d’une aventure rocambolesque de six siècles, le manuscrit qui porte son nom : l’insaisissable, le monstrueux manuscrit de Voynich ? Et pourquoi les grosses femmes représentées dans ce manuscrit, nues, avec des tétons rouges et des cheveux frisés, se baignant dans des bassins qui communiquent entre eux par une tubulure bizarre ressemblent tant à celles des passages souterrains de Bucarest, entre la Milice de Floreasca, l’immeuble de Ştefan cel Mare et la Polyclinique Maşina de Paine ? Et là encore, pourquoi les visions qui viennent à Nicolae Minovici pendant ses strangulations contrôlées sont-elles si semblables aux cercles cabalistiques peints dans les pages du manuscrit de Voynich ?

Une autre fibre mnésique me mène encore plus loin, sans que je puisse me rendre compte jusqu’où, sans que je puisse comprendre, pour l’instant, comment elle s’allie avec la première, comment elle la croise, l’attire et la repousse alternativement, comme les pôles d’un aimant. À Voïla, grâce à Traian j’avais donc appris que mon corps d’enfant, et peut-être encore auparavant, avait été soumis, dans une clinique souterraine, à une manipulation dont je ne gardais aucun souvenir mais dont mes rêves futurs, avec toute leur imagerie effrayante, rendraient compte. J’ose lier mes cauchemars et les visiteurs, et les phénomènes épileptoïdes qui les accompagnent, ou peut-être le génèrent, au trajet hôpital – Policlinique – Voïla, sans avoir la prétention de former ne serait-ce qu’un des coins de l’immense puzzle. En revanche, j’espère assembler les pièces de ce coin-là grâce à ce que j’ai récemment appris au sujet du dompteur de rêves, Nicolae Vaschide – mais je n’en parlerai pas maintenant.

Et puis il y a la surface de ma vie, le trajet entre la maison et l’école, la certitude face aux barreaux derrière lesquels s’élève le grondement sourd de la bête. Et puis la banalité de mon univers et de mon être qui trouvent leur origine dans la gifle originelle : la soirée du cénacle durant laquelle mon poème La Chute a été déchu. Le verdict sans appel du grand critique, qui m’a noyé dans le manuscrit que j’aurais écrit autrement, si j’avais été placé au-dessus de lui, avec la pointe du stylo posée sur l’écriture inversée, léonardesque et cabalistique de celui qui (voilà, en cet instant même) barbouille avec les encres qui lui coulent dans les yeux une dérisoire Chapelle Sixtine. Mon univers, depuis lors, est celui dont nous faisons tous directement l’expérience : un univers de ruines et de dictature, un univers de peur, de faim et de sottise et de froid. Mais je me suis toujours demandé, avant de me plaindre de mon destin de professeur de roumain anonyme dans la ville la plus triste de la terre : l’écrivain célèbre, dont La Chute aurait été une élévation, aurait-il eu un solénoïde encastré dans les fondations de sa maison ? Aurait-il pu léviter, avec les poches lourdes de gloire ? Aurait-il découvert, lui qui aurait passé sa vie dans les réceptions, les colloques et les tournées, les piquetistes, et si oui, aurait-il été solidaire de leurs manifestations ? Les écailles de l’adulation publique seraient-elles tombées de ses yeux pour qu’il voie Virgil se faire écraser comme un cafard de cuisine sous la semelle de la grande déesse ? Mais les écrivains voient-ils jamais quelque chose ? Leurs portes peintes sur le mur infiniment épais de notre cellule de condamnés à mort s’ouvrent-elles jamais ?

En ce terrible soir du Cénacle de la Lune, non seulement la trajectoire de ma vie s’est scindée comme un tronc en deux énormes branches, ramifiées à leur tour à l’infini en des milliers de branches qui recouvrent toute l’étendue du réel, mais c’est le monde entier qui s’est divisé, mitose cosmique, fission universelle qui a engendré deux réalités infinitésimalement différentes au début, puis, avec le temps, de plus en plus étrangères l’une à l’autre. Je ne sais pas à quoi ressemble à présent son univers, alors que ne nous sépare peut-être rien qu’une membrane infiniment fine. Peut-être, là-bas, la dictature est-elle tombée depuis longtemps, peut-être une comète a-t-elle déjà tout anéanti, laissant des étoiles froides et de la poussière astrale derrière elle. Peut-être, ensuite, le paradis est-il descendu sur terre. Peut-être, dans le monde de l’écrivain éloigné et célèbre qui porte mon nom n’a-t-on jamais entendu parler de l’école 86, bien qu’elle existe également là-bas, aussi lointaine que les îles Marquises ou que les Hyades, avec son inutile cortège de maîtres comme des sarcoptes de la gale dans les souterrains de l’épiderme. De toute façon, il continue à écrire, à tatouer la peau des livres, les bourrant de choses belles et inutiles pour lesquelles les hommes l’admirent, comme ils admirent celui qui jongle avec dix assiettes ou celui qui soulève des haltères de centaines de kilos ou celle qui a les seins les plus gros. Tout comme la musique dans son ensemble, la peinture, la pensée, la prière et tout le discernement de son monde, ses livres restent à l’intérieur, ils sont inoffensifs et ornementaux, ils rendent la prison plus acceptable, la paillasse plus douce, le baquet plus propre, le gardien plus humain, la cognée plus tranchante et plus lourde.

Parfois, je pense que quelque chose me relie peut-être quand même, à chaque instant, si cela se trouve, comme les électrons connectés à distance, à mon jumeau si dissemblant, et parfois je crois que ces ponts entre nous sont les rêves. Peut-être nous y retrouvons-nous, peut-être que certaines nuits il ouvre lui aussi brusquement les yeux pour regarder dans les yeux un visiteur, en même temps que moi qui suis au-delà de la membrane, peut-être que lui aussi devient triste et désorienté pour toute la journée, après le rêve épileptoïde où son crâne vole en éclats, soufflé par une tornade dorée. Ou peut-être qu’avec un autre monde on lui a donné aussi d’autres rêves, aussi faux et dignes de mépris, dans lesquels il reçoit des prix internationaux, est adulé par les femmes qui font la queue au pied de son lit, et il regarde de haut, juché sur son piédestal, devenant sa propre statue qui domine une ville propre, civilisée, aseptique, une Brasilia-sur-Dâmboviţa… Enfin, je pense parfois que, à force de creuser pendant des décennies mon grand tunnel d’évasion, rejetant derrière moi, comme une taupe métaphysique, des mètres cubes de terre, j’arriverai finalement, comme un malheureux et hirsute abbé Faria, non pas dans le divin espace extérieur sous ces cils infinis, mais dans sa cellule à lui, qui est aussi suffocante, qui empeste autant le chou avarié, qui provoque autant le sentiment de claustrophobie, qui est autant enterré au cœur de la cité gigantesque que ma propre cellule. Il ne nous resterait alors qu’à nous prendre dans les bras et à pleurer, puis à pourrir comme ça, deux squelettes qui s’étreignent dans des chiffons en morceaux, comme les petites croûtes et les pattes de mouches desséchées dans les toiles d’araignées. Toutes les différences entre le succès et l’échec, la vie et l’art, les édifices et la ruine, la lumière et l’obscurité, annihilées par le temps exterminateur, le temps qui ne fait pas de prisonniers. »

Demain je passerai au chapitre 37. Hâte de retrouver la splendide Florabela du début du livre. Ce chapitre est le micro-roman de la vie de Nicolae Vaschide, « l’homme qui rêvait délibérément et avec méthode », élève d’Alfred Binet et très étrange homme de science. J’y découvre aussi l’histoire de sa descendance dont le dernier fabuleux exemplaire est son arrière-petite-fille, la torride Florabela, professeure de mathématiques. Un soir, le narrateur et Irina sont invités chez elle, et c’est à cette occasion que son histoire se déploie dans le livre. A la fin du chapitre, les deux se rendent aux marges de Bucarest pour aller voir le fameux « crâne » de Ferentari… Je me couche sur cette dernière vision. Je me demande quels seront mes rêves. Il est 23h45. 

A suivre