A l’occasion de la publication de L’Aile tatouée, le roman de Mircea Cărtărescu

Par Laure Hinckel dans Blog

Voici la version française du texte de l’entretien publié le 13 août dernier à Bucarest dans « Observator Cultural » sous la signature de Doina Ioanid… L’entretien sollicité lors de mon voyage à Bucarest au mois de juin dernier a été publié en août par l’hebdomadaire roumain pour accompagner la sortie du roman de Mircea Cărtărescu, L’Aile tatouée, aux éditions Denoël. « J’apporte ma pierre à la promotion des auteurs roumains » « Journaliste et traductrice, membre fondateur de l’ ATLR (Association des Traducteurs de Littérature Roumaine), Laure Hinckel est l’auteur de nombreuses traductions d’œuvres littéraires roumaines et a été la conseillère littéraire des Belles Etrangères (2005). Amoureuse de la langue roumaine (la preuve en est que cet entretien a été mené en roumain). Lorsque nous nous sommes croisées au Green Hours, elle sortait de la Librairie du Fond de la Cour, chargée d’un beau tas de livres. Laure Hinckel, vous voici de nouveau en Roumanie après une absence d’un an… Oui,…

Bucarest – chronique d’été 7 (fin)

Par Laure Hinckel dans Blog

Le même jour J’ai rendez-vous au Cennac. L’institution me fait l’honneur de m’attribuer une bourse de traducteur professionnel. Cela me permettra de séjourner deux mois en Roumanie et de travailler dans de bonnes conditions sur le troisième roman de Dan Lungu. Tout en marchant dans Bucarest, je pense au rôle essentiel que cette bourse joue pour moi et je voudrais dire qu’il y a 20 ans, l’idée même de soutenir et d’accueillir des traducteurs étrangers en Roumanie était impensable. Des années-lumière d’efforts et de réflexion se trouvent derrière ces vingt petites années nous séparant de 1989 ! J’ai été témoin des énormes efforts déployés par ceux qu’on n’appelait pas encore des « acteurs de la politique culturelle » mais tout simplement des intellectuels ou des artistes, pour tenter de doter le pays des outils indispensables (aujourd’hui, cela nous semble indispensable !) à une vie culturelle active, ouverte sur le monde, et qui s’exporte. Comment une « petite langue » pourrait-elle…

Cafés poèmes de Paris

Par Laure Hinckel dans Blog

Le mois de juin est placé sous le signe de la poésie à l’Institut Culturel Roumain de Paris. De sa tour d’ivoire, la muse descend pour un bain de foule avec un programme chargé. Le 11 juin, l’Institut Culturel Roumain et cinq autres instituts culturels étrangers à Paris ont démarré, dans 26 cafés parisiens, le projet Café poèmes de Paris. Les clients y pourront écrire quelques vers voire un poème entier sur une carte spéciale, qu’ils déposeront dans une urne spéciale présente sur chaque site. Les meilleures créations seront choisis par un jury international et publiées dans une brochure à l’occasion de la Semaine des cultures étrangères (26 septembre – 4 octobre) du FICEP (Forum des instituts culturels étrangers à Paris). Le 16 juin, l’Institut Culturel Roumain accueillera dans ses locaux le Festival franco-anglais de poésie pour la présentation au public d’un nouveau numéro de la revue poétique La Traductière….

Bucarest – chronique d’été 6

Par Laure Hinckel dans Blog

Lundi   Le tram – de nouveau. L’enfilade des boulevards portant le nom de princes régnants d’époques lointaines. Je ne peux pas ne pas m’en souvenir : c’est là, sur la gauche, quelque part entre les stations de métro Ştefan Cel Mare et Piaţa Victoriei que se trouve une petite maison pas tout à fait anodine.  Dans les années 30, Eugène Ionesco y vivait avec sa mère et sa sœur Marinela. C’est au 52 du boulevard Ştefan Cel Mare. Ce lieu est aujourd’hui tout à anonyme. Aucune plaque ne mentionne rien. Et puis, après tout, pour quoi faire ? Si je mentionne ce lieu, alors que je passe devant, c’est parce que cela me renvoie à l’excellent souvenir d’une enquête que j’ai menée en 1994 « sur les traces d’un lycéen roumain nommé Ionesco », d’ailleurs publiée dans l’Événement du Jeudi avec des fac-similés de ses carnets de notes… Une vraie réussite, cette enquête…

Bucarest – chronique d’été 5

Par Laure Hinckel dans Blog

Entre le cinéma Scala et la librairie Carturesti, je tombe sur la rue Pictor Arthur Verona transformée, pleine de vie : ici se tient pour quelques jours un mini festival organisé par la Fondation Carturesti et l’Union des architectes. Cela s’appelle :  Le but est de militer pour rendre aux piétons ce morceau de quartier au centre de Bucarest. Je dégaine mon téléphone portable pour saisir en images quelque chose de cette atmosphère légère qui plane dans ce coin de Bucarest. Des ateliers pour les enfants tenus par des associations écolos, des artistes en plein happening, et surtout, la présence forte et intéressante des étudiants des facultés d’architecture et d’art donnent un air un peu échevelé à cette rue que je connais bien pour y avoir, notamment, pris une des plus sympathiques photographies de mon exposition montrée en 1995 à l’Institut français: Un des stands les plus intéressants (et de nombreux groupes se forment pour…

Bucarest – chronique d’été 4

Par Laure Hinckel dans Blog

Calea Victoriei. Sur la gauche, la cour très sombre d’un de ces nombreux immeubles aux lignes Bauhaus. On y retrouve une époque attirée par la modernité, misant sur l’ultra-fonctionnel et adorant le luxe. J’ai l’impression de me retrouver dans l’antichambre d’un roman de Camil Petrescu. Fred, le héros de son roman Madame T. est sur le point de pousser la grille ; de son pas élastique, il traverse le puits de lumière et s’en va retrouver son amante… Aujourd’hui, la façade est chargée de suie mais le charme des lignes pures est toujours agissant. Je regrette à cet instant de n’avoir pas pris mon appareil photo. Dans deux semaines, quand je serai de retour, le fantôme de Fred Vasilescu me trouvera là, sous cette fenêtre ronde comme l’œil ébahi de son Emilia.     Ça y est, quelques pas encore et je me retrouve à l’abri de la chaleur torride : voici…

Bucarest – chroniques d’été 3

Par Laure Hinckel dans Blog

Samedi, suite     Le parfum des tilleuls est réellement enivrant. Il plane, sur le  boulevard Lăscăr Catargiu, entre le macadam brûlant et les houppiers chargés de fleurs douces, ni vertes ni jaunes ou vertes et jaunes à la fois, je ne sais plus. Le parfum est si présent qu’on a l’impression d’en manger. Par trente degrés à l’ombre, Bucarest devient la capitale la plus féminine au monde. C’est un festival de blouses et de robes à mancherons ou aux épaules découvertes, toutes de textile léger, coloré, fleuri, pointillé, plissé, gansé.     Là, sur la gauche, à mi boulevard, derrière une touffe d’acacias défleuris, le corps écorché d’une de ces maisons commerçantes construites au tournant du XXème siècle. Une vision qui fait mal. J’espère qu’il s’agit d’une rénovation en cours et non d’une ruine dont on récupère les derniers ornements. A travers une ouverture, on voit l’intérieur de ce…

Bucarest – chroniques d’été 2

Par Laure Hinckel dans Blog

Samedi 13 juin Je circule sur le boulevard Mihai Bravu puis sur Ştefan Cel Mare. Ce sont un peu nos Maréchaux parisiens, ces deux larges boulevards qui forment un demi-cercle autour du centre de Bucarest. Les lignes de tramway qui brillent entre les deux sens de circulation sont neuves. Les passages, Muncii, Obor, Ştefan cel Mare ont été rénovés. Obor – un immense marché et un grand magasin au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble. Je me perds avec un grand plaisir entre les femmes troncs et les strings des étals de corsetterie; je longe des alignements de cannes à pêche et des imperméables en caoutchouc étiquetés en vert sur les stands d’articles de sport et de pêche; des avalanches de foulards, d’éventails, de lunettes de soleil, de souliers de dame et de bottes stiletto, de lustres d’opaline et de spots design, de parfums et de montres, de bicyclettes roses et vertes…

Bucarest – Chronique d’été 1

Par Laure Hinckel dans Blog

Vendredi 12 juin Bucarest. Plus de deux ans que je n’ai plus parcouru la ville. Des années que je ne l’ai plus fait l’été. Soleil de juin, lumière toujours aussi riche et tendre le soir à 18 heures: richesse des reflets dans les vitrines; profondeur des gris multiples des huisseries dont la peinture s’écaille en contorsions baroques; tendresse de la respiration des tilleuls, enivrante et palpable. J’ai soif de renouveler mon stock d’images de Bucarest. Et d’après ce que j’ai vu depuis le car entre l’aéroport Otopeni (pardon, il faut dire Henri Coanda!) et le centre ville, il y a du changement.

Des auteurs roumains à la Tübinger Büchenfest

Par Laure Hinckel dans Blog

Où étaient Dumitru Tsepeneag, Mircea Cartarescu et Dan Lungu ces derniers jours? Avec leurs livres récemment traduits en allemand, à la Tübinger Buchenfest qui s’est déroulée du 22 au 24 mai. Le joli roman de Tsepeneag est traduit par Ingrid Baltag, que je recevais l’an dernier (dans un groupe de 17 traducteurs de 14 pays, pour les premières Rencontres internationales de traducteurs de litérature roumaine)… Par ailleurs, Dumitru Tsepeneag est aussi le président de l’Association des traducteurs de littérature roumaine à l’origine de ces Rencontres.. Et le livre conserve outre Rhin son joli titre français La Belle Roumaine… Celui de Dan Lungu, c’est amusant je trouve, est carrément traduit Die Rote Babuschka. C’est différent de Je suis une vieille coco! mais peut-être tout aussi provoquant, en allemand. J’espère que le traducteur du roman, Jan Cornelius, a pris autant de plaisir que moi à le traduire… Quant au titre du recueil de nouvelles de…