Mon programme au Salon du livre de Paris!

Par Laure Hinckel dans Blog

Superbe programme, cette année encore. Je serai dimanche à 18h sur le stand de la Roumanie (G85), pour évoquer la traduction du livre de Savatie Bastovoi, en sa compagnie, lors d’une table ronde présentée par Cristina Hermeziu (son site Zoom France Roumanie). La présence de ce romancier est rare et il est d’une rare présence. Il fait le voyage, invité par l’Institut culturel roumain (leur programme complet en français en cliquant ici). A ne pas rater. Je savoure à l’avance le privilège de traduire ce qu’il va dire et de répondre aux questions sur la traduction de son roman, Les enseignements d’une ex-prostituée à son fils handicapé, paru chez Jacqueline Chambon / Actes sud en janvier. Juste avant, à 17h, nous serons sur le stand d’Actes Sud où l’auteur assurera une séance de signatures: venez nombreux pour obtenir une dédicace! Je serai là aussi parce que l’auteur n’est pas francophone, si bien…

Ma nouvelle traduction est sortie: un roman de Savatie Bastovoi!

Par Laure Hinckel dans Blog

Je partage le bonheur d’une nouvelle traduction avec vous, chers lecteurs de ce blog, et quelques réflexions : un grand sujet de société peut inspirer plusieurs romanciers en quelques années seulement. Cela dit quelque chose sur la puissance du thème traité… Dans le roman de Savatie Bastovoi, Les enseignement d’une ex-prostituée à son fils handicapé, c’est le drame des enfants moldaves (comme ceux aussi de Roumanie, Pologne, Ukraine…) « confiés » à des grands-parents ou à des connaissances par leurs père et mère partis travailler à l’étranger ( en Russie, en France, en Allemagne, en Italie). Ils sont en réalité abandonnés à eux-mêmes. Ainsi, au moins trois autres romans ont été publiés en roumain ces dernières années autour de ce sujet : Kinderland, de Liliana Corobca, La petite fille qui jouait au bon Dieu, de Dan Lungu et Le testament non lu, de Liliana Bicec (un récit de vie plus qu’un roman, mais…

FILIT : des forêts de mains qui se lèvent

Par Laure Hinckel dans Blog

Demain soir, je rejoindrai le Festival International de Littérature et Traduction (FILIT) pour sa 5ème édition. Qui aurait cru que ce pari tenu par une poignée d’écrivains roumains de province donnerait un si beau résultat? De grands auteurs européens sont venus jusque dans la petite (last edit après le commentaire de Denis Taurel : même vue de très loin, Iasi est tout de même la 4ème plus grande ville après Bucarest!) grande ville du nord de la Roumanie, depuis 2013, tels par exemple le britannique David Lodge, le prix Nobel de littérature Herta Müller, le bulgare Georgi Gospodinov, l’ukrainien Andrei Kurkov, le hongrois Attila Bartis, le suédois Aris Fioretos, les français Jean Mattern, Jean Rouaud, François-Henri Désérable, Romain Puertolas… Cette année, de grands noms connus des lecteurs se retrouvent à Iasi, et deux sont des prix Nobel de littérature : Svetlana Aleksievitch, bien connue pour son oeuvre mémorielle et Gao Xingjian, dissident chinois devenu…

Découvrez Matei Visniec en video à Chartres

Par Laure Hinckel dans Blog

J’ai déjà parlé du Marchand de premières phrases parce que c’est un roman que j’ai beaucoup aimé traduire et parce qu’il y a eu pas mal d’informations à communiquer ici… et notamment le Prix Jean Monnet obtenu en 2016. Les précédents billets sont là, là, et là. Vous pouvez cliquer tranquillement et poursuivre la lecture ici: ces liens s’ouvriront dans un nouvel onglet. La nouveauté depuis, c’est que j’ai réussi à faire venir l’auteur à Chartres. En tant que présidente du Café Bouquins de la belle cité des Carnutes devenue une des capitales de la lumière, des parfums et maintenant dotée d’une marque, CChartres,  j’essaie de compléter nos réunions littéraires par des rencontres avec des écrivains en chair et en os. Au fait, notre Café Bouquins a un modeste blog où l’on retrouve tous les compte-rendus de nos rencontres. Allez voir, cela témoigne bien de la vitalité de la lecture en France…

Aux martinets, les traducteurs reconnaissants

Par Laure Hinckel dans Blog

l y a des moments où je sens qu’il est urgent d’écrire ici. Je suis une adepte du slow-blog et ne me sens pas contrainte de rajouter des mots sous un nouveau titre juste pour biffer une date dans le calendrier d’activité du site…  Mais aujourd’hui, un bon article lu ailleurs me tend la perche, me chuchote  “tiens, tu n’es pas la seule à penser comme ça”. Claro a mis sur son site, sous le titre « A l’ombre des traducteurs en pleurs », un texte très intéressant, à lire en cliquant ici. Il identifie d’abord trois sortes de traducteurs littéraires classés selon leur humilité/ professionnalisme / sens des réalités lors de l’édition / fabrication de leur traduction. En bref, il y a les arrogants, puis les « adeptes du doute » qui sont réalistes, et ceux qui sont un peu des je-m’en-foutistes (mais il ne leur jette pas la pierre – et moi…

L’entame ne suffit jamais

Par Laure Hinckel dans Blog

Le titre de cet article cite Ingrid Astier. Selon la romancière invitée à l’émission Des Mots de Minuit #548 avec Matei Visniec, l’entame de ses romans est souvent un fait divers qui fonctionne comme un appât, une invitation à imaginer-vivre-raconter tout le reste. Mais certains écrivains se tourmentent au sujet de leur première phrase, qui n’est plus seulement l’entame du roman, mais le saint-début, la mise-en-bouche dont ils connaissent l’enjeu capital… et qu’ils peinent à trouver. C’est bien ce qu’a compris le marchand de premières phrases, ce personnage extraordinaire qui aborde avec son discours de bonimenteur un écrivain esseulé  : « La première phrase d’un roman est le cri irréfléchi qui provoque l’avalanche… C’est l’étincelle qui déclenche la réaction en chaîne… Une première phrase n’est jamais innocente.  Elle contient le germe de toute l’histoire, de toute l’intrigue. La première phrase est comme l’embryon de tous les possibles, comme un spermatozoïde chanceux,…

Hôtel Universal vient de paraître!

Par Laure Hinckel dans Blog

Hôtel Universal est ma 15e traduction d’un roman, le 17e livre ! J’atteindrai une sorte de majorité avec la sortie, l’an prochain, de la traduction en cours! Merci, les éditions Belfond qui ont choisi de publier ce premier roman! Pour celles et ceux qui souhaitent un avis extérieur, il y a déjà la critique sensible de Cristina Hermeziu, parue sur Actualitté, ici. Véronique Rossignol, pour Livre Hebdo le présente en quelques mots : «… largement salué à sa sortie en 2012, [ce roman] avance à la manière des souvenirs reconstitués, par recoupements de témoignages pour recréer une réalité insaisissable, une mémoire des lieux trouée et parcellaire. Dans le parfum capiteux des pétales de roses confits, l’odeur des secrets, Hôtel Universal magnifie les destins d’une lignée de femmes fortes, guérisseuses chacune à sa façon, un peu sorcières, des héroïnes « merveilleuses », c’est-à-dire, selon la définition de Maria la grande, »sensibles au merveilleux ».» Entre roses…

J’ai le don d’ubiquité!

Par Laure Hinckel dans Blog

  Où l’on m’a demandé ce que je traduisais, comment j’ai rencontré la littérature roumaine, ce que je faisais en Roumanie et dans les Balkans dans les années 90, quel est mon diagnostique des échanges culturels franco-roumains… Où je raconte comment j’ai lu à 20 ans certains écrivains français, sud-américains ou russes d’abord dans leur traduction en roumain (!) avant de les découvrir en français, où je parle de la diffusion de la littérature roumaine en France… Où je fais en 45 secondes un bref panorama de 10 années d’évolutions politiques, économiques et géostratégiques de ce pays, telles que je les ai vues… Merci, Ovidiu Mihăiuc, d’être un si bon intervieweur!

Où je défends le festival de littérature de Iaşi

Par Laure Hinckel dans Blog

Oui, parfois, quand vous êtes traducteur de littérature, on peut vous demander votre voix pour défendre une cause juste. Vous vous souvenez de ce superbe Festival International de Littérature et de Traduction au sujet duquel j’avais publié un article dans Livre Hebdo?  Avec une photo du Prix Nobel Herta Muller? (ici) Le Festival qui avait invité Romain Puertolas, François Weyergans, David Lodge, Patrick McGuiness, Guillermo Arriaga, en plus des auteurs roumains consacrés comme Mircea Cartarescu, Stefan Agopian ou Norman Manea? Ce Festival qui invitait aussi de nombreux traducteurs de littérature roumaine à se retrouver pour parler de leur merveilleux job et de tout ce qu’il restait encore à découvrir dans la littérature roumaine? Eh bien ce Festival a été largement saccagé par les hommes politiques locaux. Juste parce que c’était une réussite et qu’ils n’en étaient pas les auteurs. Aussi parce que c’était novateur, que ça ne faisait pas appel aux…

En résidence de traduction – 6 – Bucarest

Par Laure Hinckel dans Blog

Parfois, ce sont de petites choses qui vous font remonter à une phrase, une intrigue. Là, ce sont des pavés en bois. Oui, des pavés de rue, mais en bois, comme sur la photo que j’ai prise. Ici, le parfum d’une boulangerie et la couleur dorée de bretzels couverts de sésame. C’est une boutique de tailleur, un déferlement de soies vives dans une vitrine, les arabesques au fond d’un atelier de lutherie. C’est un nom, comme celui de la très ancienne église de Colţea ou tout simplement l’imagination, quand le coeur vous entraîne et que la ritournelle de la « cité des coeurs légers » ne vous lâche plus. La « cité des coeurs légers », sous la plume de Doïna Ruşti, c’est Bucarest fin 18e, la ville de Bucur le joyeux. On y crée des parfums, on y danse. La réputation de ville des plaisirs et du luxe arrive aux oreilles de Ioanis Milikopu,…