{à mon sujet}

 

Ma double carrière de reporter et de traductrice littéraire fut ma grande chance

J’ai commencé par connaître la Roumanie de l’intérieur avant de traduire sa littérature. Rien ne me destinait à devenir traductrice littéraire et encore moins de roumain. De langue maternelle française, j’ai appris cette langue facilement, après l’anglais, l’allemand et l’italien, alors que j’étais encore une jeune diplômée de journalisme de 21 ans (IUT de journalisme de Tours) et que je n’avais envie que d’une chose : travailler à l’étranger.

Je me suis installée à Bucarest au début des années 1990 et je suis devenue la correspondante de plusieurs journaux français. Pendant une dizaine d’années, j’ai couvert l’ensemble de la très riche actualité roumaine.

Des incursions en Moldavie (guerre de 1991-1992), en Serbie pendant le siège de Sarajevo, ou en Bulgarie sur les traces d’Elias Canetti ont ponctué cette période riche de dizaines d’articles et reportages photos pour La Croix, Infomatin, l’Evénement du Jeudi et d’autres journaux et radios. Je travaillais seule, j’allais partout, parce que je connaissais la langue et que j’aimais comprendre par moi-même et me fondre dans les lieux où j’allais. Je lisais aussi beaucoup en roumain. Des classiques, de la littérature, des essais. De tout.

A force d’aimer ce que je lisais, j’ai trouvé injuste de garder tout cela pour moi: un jour, j’ai commencé à traduire en français.

Changement de siècle, de millénaire et de carrière : je suis rentrée en France, j’ai commencé à traduire ces livres que je voulais partager. Pour conforter mes connaissances, j’ai suivi les cours de l’INALCO en langue et littérature roumaines et j’ai obtenu une maîtrise d’histoire.

Depuis, les livres se succèdent. Je réponds à des commandes d’éditeurs, mais je leur propose aussi des textes. Je vais très souvent à Bucarest, je rencontre les auteurs, je me promène dans les librairies, je lis, j’estime, parfois j’ai un coup de cœur.  De nombreux romans, des essais, des traductions dans des ouvrages collectifs… et ma liste d’envies est encore très longue.
L’expérience acquise, la vision sur les deux espaces éditoriaux, les nombreux contacts noués au fil du temps et, surtout, la finesse de ma perception de ce monde littéraire encore mal connu m’ont qualifiée pour des missions auprès du Centre national du livre, le CNL. L’année 2012 a été consacrée à l’organisation du 33ème Salon du Livre de Paris dont la Roumanie a été l’invitée d’honneur, un grand événement auquel j’ai contribué.

Je pouvais m’appuyer sur mon expérience de conseillère littéraire des Belles Etrangères. En 2005, 12 écrivains roumains avaient pu rencontrer le public français au cours d’une tournée de lectures dans toute la France. En 2008,  17 traducteurs de 14 pays s’étaient retrouvés à Paris pour les Rencontres internationales des traducteurs de littérature roumaine co-organisées avec l’Institut culturel roumain. La littérature écrite en roumain, traduite en français a besoin d’être mieux connue.

Je continue ici, sous le titre La part des anges, d’évoquer la diversité de cet espace littéraire. Et, surtout, dans la partie Blog, je vous ouvre mes Carnets de traduction, je partage quelques photos, j’évoque des rencontres et je parle d’écriture.

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